Jane Fonda : « Mes cassettes de fitness ont été à la fois une vraie évolution et une révolution pour les femmes »

À 74 ans printemps, l’égérie des seventies, la pacifiste qui milita pour le retrait des troupes américaines du Vietnam et la papesse de l’aérobic est de retour avec un nouveau programme de remise en forme conçu pour les seniors.

Propos recueillis par Frank Rousseau, notre correspondant à Los Angeles

Pourquoi avez-vous décidé de proposer une nouvelle série de DVD de remise à forme, alors que la plupart des actrices de votre âge auraient plutôt tendance à publier des recettes de cuisine ?

(Rire.) Si j’ai réalisé et produit Firm & Burn, c’est parce qu’il manquait dans l’univers du fitness des séances spécifiques dédiées aux personnes qui ont une mobilité un peu réduite, des capacités cardiovasculaires diminuées voire des douleurs articulaires chroniques. Pourquoi les seniors ne devraient-ils plus s’entretenir physiquement ? À mon âge, j’ai encore une vie sexuelle épanouie et l’envie de plaire. Je propose donc une gymnastique qui respecte « l’âge de nos artères », pour ne pas s’encroûter.

Où trouvez-vous cette formidable énergie de vivre ?

Tout est parti du suicide de ma mère qui séjournait dans une institution pour malades mentaux. J’avais 12 ans. Ma famille m’avait dit qu’elle était morte d’une crise cardiaque. Ce n’est que six mois plus tard, alors que j’étudiais à la Greenwich Academy, que j’ai appris la vérité. Et de manière très brutale. Dans un magazine de cinéma où l’on parlait de mon père (l’acteur Henry Fonda, ndlr), avec cette accroche : « Sa femme, Frances Fonda, s’est tranché la gorge avec un rasoir dans un asile. » Ma mère était dépressive. Après des années de persévérance, j’ai pu obtenir son dossier médical. J’y ai découvert qu’elle avait été abusée sexuellement. Ceci expliquait cela. J’ai compris sa souffrance intérieure et j’ai réussi à lui pardonner de m’avoir abandonnée alors que je n’étais encore qu’une enfant.

J’ai pu aussi, grâce à mes recherches, mieux comprendre mon père. C’était un être qui vivait replié sur lui-même, qui ne communiquait pas. C’était sa manière d’appréhender la vie. Mais mon Dieu, que j’en ai souffert ! Combien de fois j’ai cru qu’il allait me serrer dans ses bras et me dire à quel point il m’aimait. Ce n’est malheureusement jamais arrivé. Du coup, j’ai décidé de me recentrer sur moi-même. De m’aimer. Et le sport a été un formidable vecteur pour y parvenir. En acquérant du muscle, j’ai commencé à m’apprécier. À prendre confiance en moi. Sans le sport, je ne me serais pas forgé le caractère que j’ai aujourd’hui, je n’aurais pas non plus eu une longue carrière à Hollywood. Il faut avoir une hygiène de vie irréprochable pour exercer le métier d’acteur.

 

En page suivante : sa plus belle victoire sur le paraître ? Le jour où elle s’est fait enlever ses prothèses mammaires !

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Frank ROUSSEAU, grand reporter et pur produit de la mondialisation ! Elevé en partie en Afrique, au Canada, en Nouvelle Calédonie. Eduqué en France puis dans les Universités américaines, il se passionne ensuite pour l’histoire de l’art et celles de civilisations avant d’intégrer le Figaro Quotidien. Journaliste freelance, il partage désormais son temps entre l’oligopole de Los Angeles et un petit village des Yvelines…