Interview de Tom Hanks

Four Seasons. Beverly Hills. Rendez-vous avait été pris avec le multi-Oscarisé Tom Hanks. Poignée de main virile et voix de baryton, la star est venue nous parler de « John Adams », une saga historique  au succès retentissant sur la chaîne américaine payante HBO – et dont Canal + aurait racheté les droits – qui raconte la vie et l’œuvre du second président des Etats-Unis. Un chef d’œuvre produit par « Forrest Gump » en personne ! Belle occasion d’entamer la conversation…

Il paraît que vous lisez énormément de bouquins sur l’écologie…

Pas en ce moment ! Mais je roule en Prius. C’est bien non ? Avant quand j’avais une voiture fonctionnant uniquement à l’énergie fossile, je m’arrêtais souvent à la pompe à essence pour y faire le plein. Trop souvent à mon goût. Du coup, j’en profitais pour acheter des tas de cochonneries, confiseries, gâteaux, snacks, etc. Depuis que je me déplace avec ma Prius, je fais moins de haltes à la pompe et donc je suis donc moins tenté de m’empiffrer. Que Toyota soit béni !  (rires)

Pourquoi avoir choisi de faire un « biopic » sur un président des Etats-Unis pas très populaire ?

C’est vrai ! J’aurai pu céder à la facilité. M’attaquer à Washington, par exemple, qui était aimé du public et respecté par ses ennemis. Mais Adams était un esprit fort et complexe. Un esprit qui ne pliait jamais. Il faut quand même en avoir du courage pour dire au souverain britannique, lorsqu’il était ambassadeur en Grande Bretagne de la toute jeune Amérique « Je dois affirmer à votre majesté que ma seule loyauté est envers mon propre pays »…

Comme chez bon nombre de Présidents Américains, John Adams était quelqu’un de très religieux. La foi, c’est aussi quelque chose qui dirige votre vie, qui vous montre le chemin ?

Evidemment !  Mais mon approche spirituelle ne regarde que moi. Je rejette pour ma part le fanatisme. Il y a une chose qui me fascinera toujours avec la religion, ce sont les guerres que la foi a pu engendrer au cours des siècles derniers. Je pensais que la foi était censée fédérer, faire en saute que nous nous aimions les uns les autres, or je constate avec une certaine consternation que c’est l’inverse…

Est-il vrai que vous auriez exigé, pour dernière volonté, que vos survivants répandent vos cendres dans l’espace ?  Les effets secondaires du tournage « Appolo 13 » ?

(rires). Non ! Je n’ai pas envie de contribuer un peu plus à la pollution de l’espace. Il y a déjà tellement de débris là-haut. Un vrai dépotoir. En outre, nul n’est en mesure de me garantir que ma fiole funéraire ne finira pas, un jour, par s’écraser sur votre tête ou dans les sushis d’un Japonais  ! Dans le doute, je m’abstiendrai donc…

De tous les films que vous avez tourné quel fut le plus exigeant moralement  ?

Moralement, c’est « Splash » (1984). Vous vous rappelez de la scène du restaurant ?  Il s’avère que Daryl adore tellement les animaux que lorsqu’on lui présenta du homard, elle fit la moue et exigea qu’on lui serve à la place quelque chose qui soit d’origine végétale. Je revois les techniciens fourrer des carcasses de homard avec du tofu !  Only in Hollywood…

Propos recueillis par Frank ROUSSEAU

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Frank ROUSSEAU, grand reporter et pur produit de la mondialisation ! Elevé en partie en Afrique, au Canada, en Nouvelle Calédonie. Eduqué en France puis dans les Universités américaines, il se passionne ensuite pour l’histoire de l’art et celles de civilisations avant d’intégrer le Figaro Quotidien. Journaliste freelance, il partage désormais son temps entre l’oligopole de Los Angeles et un petit village des Yvelines…