Interview de Jane Goodall : « Nous sommes ce que nous mangeons »

Le dernier ouvrage de la primatologue Jane Goodall nous interpelle par ce titre plutôt énigmatique : « Nous sommes ce que nous mangeons ». C’est que cette phrase forte a l’ambition d’un impact qui le soit tout autant : le Dr Jane Goodall, qui a dédié sa vie à la protection des grands singes et à la sauvegarde de l’environnement, livre ici une sévère critique des modes de consommation et de la gestion des problèmes alimentaires à notre époque. Elle y dénonce les absurdités de l’industrie alimentaire, qui perturbe profondément l’équilibre du milieu naturel. Persuadée que chacun de nous peut agir pour lutter contre « l’agrobusiness », Jane Goodall tente ici de proposer de nouvelles alternatives.
Elle nous a accordé une interview à ce sujet …

Quel message essayez-vous de transmettre à travers cet ouvrage ?
« Dès la fin de la seconde guerre mondiale, on a commencé à utiliser des engrais chimiques et des pesticides pour les cultures alimentaires. Ce que nous utilisons pour faire pousser notre alimentation est un vrai poison. Nous accumulons dans notre corps depuis trop longtemps des aliments contaminés. Et afin de satisfaire la demande croissante des populations de manger toujours plus de viande, l’élevage intensif explose : ce n’est pas seulement très cruel pour l’animal, c’est aussi très mauvais pour les êtres humains, qui développent de plus en plus de maladies.  »
Comment faire évoluer cette situation dans le bon sens ?
« Ce sont les populations riches qui peuvent faire en sorte que les choses changent. Nous devrions par exemple exiger de la nourriture biologique et produite localement. Nous devrions manger moins de viande, ou devenir végétariens. C’est le choix que j’ai fait. De plus en plus de gens le sont aujourd’hui. Il n’est plus réellement sain de manger de la viande, du moins en trop grande quantité. Ce n’est pas bon pour l’organisme. »
Devrions-nous tous devenir végétariens ?
« Ce serait une bonne chose… Mais je ne dis pas que les gens le doivent. Ceux qui ne le souhaitent pas devraient au moins manger de la viande locale, provenant d’animaux élevés en plein air et traités de manière correcte. Et surtout en manger peu. »

Quelques pensées à méditer… Difficile dans le pays de la gastronomie !

« Nous sommes ce que nous mangeons »
Editions Actes Sud, 288 pages.
Prix indicatif : 23,00 €

Propos recueillis par Alexandrine Chaillou

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Tout juste diplômée en lettres et communication, Alexandrine fait ses débuts de journaliste au sein de la rédaction de NEOPLANETE. Elle s'occupe aujourd'hui principalement du contenu du site internet.