Interview de Beyonce

La Madone noire voit rouge quand on lui parle des belles intentions vertes
Après avoir plaqué l’un des groupes de R&B les plus « hype » des années 2000, l’ex meneuse gesticulante des « Destiny’s Child » s’est lancé à corps perdu – et quel corps !!! – dans le movie-business. Objectif : devenir cette fois-çi, une reine du box-office. Avec « Cadillac Records » (bientôt sur nos écrans), Beyoncé trouve enfin un rôle à la mesure de son talent : la mythique Etta James., chanteuse de soul camée jusqu’à la moelle (1). Rencontre à Los Angeles avec une Miss Knowles qui n’a pas sa langue dans sa poche, notamment lorsqu’elle parle d’écologie…

Comme beaucoup de stars, vous vous servez de votre notoriété pour aider des associations caritatives. Bizarrement, on vous entend moins lorsqu’il s’agit d’écologie. Ce n’est pas un reproche mais j’aimerais savoir pourquoi ?
Je vais vous donner le fond dans ma pensée. Je connais à Hollywood des stars qui, devant les journalistes, se la jouent très concernées sur les problèmes liés à l’environnement. Pour parader, ils sont champions du monde ! Mais dès qu’il s’agit d’agir, de prendre de vraies initiatives vertes, il n’y a plus personne. Aux Etats-Unis, on vit beaucoup sur l’image, sur les apparences et l’instant. Je ne dis pas que les écologistes qui gravitent dans le milieu du show-business ne sont pas sincères dans leur démarche, mais quelques spécimens feraient mieux de moins la ramener quand on voit dans quoi ils roulent !

Et vous Beyonce, vous faites quoi pour rendre la planète plus verte ?
Objectivement , rien de bien significatif. J’essaye d’acheter des produits naturels et de ne pas gaspiller l’énergie. Mais tout cela est bien dérisoire. Je passe ma vie dans les avions et du coup, je contribue au réchauffement de la planète. Je suis, en outre, entourée de garde du corpi. Désolée, ils mesurent tous deux mètres et vu leur gabarit, ils ne rentrent pas dans une Prius à moteur hybride. Du coup, je ne monte que dans des 4X4. Ca m’enrage mais c’est comme ça !. Je sais à quel point notre terre va mal et cela me consterne autant que vous. L’autre jour, j’ai lu un article qui m’a ébranlé. Il s’agissait de ce que les écologistes ont surnommé le sixième continent. Je ne savais pas qu’au milieu du Pacifique, tous nos détritus s’était retrouvés pour former une sorte de décharge flottante géante se déplaçant au gré des courants et tuant des millions d’oiseaux et de poissons au passage ! Je ne sais que nous devons changer nos habitudes, à commencer par moi, mais cela prend du temps. Il n’y a pas de raison que je n’y arrive pas. D’autres ont réussi et d’autres réussiront. L’essentiel, c’est de comprendre qu’il y a urgence sans pour autant montrer du doigt ceux qui sont plus lents à la détente !

Après la sortie de votre troisième album solo, I am… Sasha Fierce, vous allez donner une série de concerts à travers le monde. Comment vous préparez vous physiquement et mentalement pour relever un tel défi ?
Physiquement, je n’ai pas besoin de coach car lorsque vous danser et chanter en « live », vous fondez à vue d’œil. Pour ce qui est du mental, je travaille avec ma mère et mon père, ce sont mes managers. Rien de mieux qu’une garde rapprochée pour se sentir en confiance et ne pas perdre pied. Et puisque vous êtes Français, j’ai un scoop pour vous. Les costumes que je porterai pendant cette tournée seront signés Thierry Mugler !

Propos recueillis à Los Angeles par Frank ROUSSEAU
(1) Pour les néophytes, Cadillac Records, c’est le label des frères Chess. Un label qui nous ramène cinquante ans en arrière et nous permet de redécouvrir des pointures comme Muddy Waters (joué par Jeffrey Wright), premier artiste produit par Chess Records, Howlin’ Wolf (Eamonn Walker), Elvis Presley, Buddy Guy, Willie Dixon (Cedric The Entertainer), Chuck Berry (Mos Def).

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Frank ROUSSEAU, grand reporter et pur produit de la mondialisation ! Elevé en partie en Afrique, au Canada, en Nouvelle Calédonie. Eduqué en France puis dans les Universités américaines, il se passionne ensuite pour l’histoire de l’art et celles de civilisations avant d’intégrer le Figaro Quotidien. Journaliste freelance, il partage désormais son temps entre l’oligopole de Los Angeles et un petit village des Yvelines…