INSOLITE : Quand la graisse des Fish and Chips sert à produire de l’électricité

 ©fotopediaEn plein débat sur la Transition énergétique, Néoplanète vous emmène chez nos amis britanniques pour vous faire découvrir l’initiative (très) originale de 2OC, une PME londonienne d’énergies renouvelables.

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2013/04/De-l-electricite-produite-par-le-fish-chips-124162699.mp3|titles=De-l-electricite-produite-par-le-fish-chips]

Le 7 avril dernier, cette petite entreprise a signé un contrat de vingt ans avec Thames Water, qui gère le réseau d’eau du Grand Londres, pour ouvrir une centrale électrique alimentée principalement par la graisse des Fish and Chips. D’après les informations relayées par Le Monde, à partir du premier trimestre 2015, les huiles usagées des fastfood et des restaurants ainsi que les nombreuses matières grasses qui se promènent dans les égouts, serviront à produire 130 GW/h par an de courant.

Comment ça marche ?

Le processus est simple. La graisse sera d’abord raffinée pour en extraire une huile, qui servira ensuite de combustible à la centrale. Une partie de l’énergie produite sera utilisée pour faire fonctionner une usine de traitement des eaux dans l’est de la capitale. L’autre partie sera revendue au réseau électrique et servira à couvrir la consommation d’environ 40 000 foyers !

Déboucher les égouts ©commonswikimedia

Des milliers de restaurateurs londoniens peu scrupuleux se débarrassent tous les jours de leurs huiles de cuisson dans les égouts.  Résultat : en refroidissant ces graisses se figent, s’accumulent sur les parois et forment ce qu’on appelle des  « fatbergs » ou montagnes de graisse. Pour vous donner une idée : chaque année, les « fatbergs » recensées pourraient remplir neuf bus à double étage ! Tous les quatre matins, ces masses visqueuses provoquent des blocages dans les égouts de la ville, qu’il faut alors dégager à la main. So glam.

 ©pixabayCombustible

Grâce à la future centrale, ces monceaux blanchâtres – habituellement enterrés dans les décharges – seront transformés en combustibles. La municipalité prévoit même de mettre en place des « trappes à graisse » sous les éviers des restaurants et espère récolter, à terme, 10% de son carburant directement à la source.

En sus, ce système permettrait à Londres d’économiser plus d’un million d’euros par mois en frais de nettoyage. De quoi encourager les consommateurs de fish and chips avec des slogans du style « Déguster votre plat préféré, c’est bon pour l’économie de la ville et pour l’environnement ! ».

 

Cette chronique « Bonne Nouvelle » a été diffusée mercredi 23 avril avril 2013 sur Europe 1. Retrouvez chaque jour sur Néoplanète les chroniques « Bonne Nouvelle » et « Environnement » de Yolaine de la Bigne, enrichies de photos, de vidéos et de liens internet.

 

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.