Insolite : cours de manifs non-violentes pour féministes

Insolite : des cours de manifs non-violentes pour féministesRentrée peu ordinaire pour les féministes anglaises. Les 15 et 16 septembre, elles partiront pour la Suffragette Summer School à Bristol où on leur apprendra l’art de manifester sans violence pour faire respecter leurs droits.

« N’importe qui peut, de manière créative, remettre sur le devant de la scène les questions féministes, explique Kat Banyard, cofondatrice de l’association UK Feminista,  au New York Times. L’action directe n’est pas nécessairement illégale. C’est vraiment important que les gens soient convaincus de leur droit à manifester. »

C’est sur cette idée que cette trentenaire, chef de file des féministes anglaises, a voulu lancer la Suffragette Summer School. Au programme de ce camp d’entraînement hors-normes : monter un groupe local, engager des hommes dans l’activisme féministe, ou encore obtenir ce qu’on veut par le lobbying.  Pour cela, elles devront débourser 15 livres (19 euros) seulement !

Les féministes, le retour

Kat Banyard en est convaincue : la crise a aidé à faire revivre le mouvement. « L’austérité a un impact spécifique sur les femmes. C’est franchement désastreux pour leurs droits. » Premières victimes des plans de rigueur (qui visent des emplois du public, secteur plutôt féminin), les femmes subissent aussi les suppressions des aides et services dont elles sont bénéficiaires. Résultat : cette année encore, UK Feminista pourrait bien accueillir près 500 personnes pendant la Suffragette Summer School.

A l’image de la société anglaise, le féminisme connait un véritable renouveau. Pour preuve, plus d’une centaine d’associations locales sont aujourd’hui affiliées à UK Feminista (trois fois plus en 2 ans). « Tout récemment encore, les seules fois où le féminisme était évoqué dans la presse, c’était pour rappeler qu’il était toujours mort. Mais il y a eu ce net regain. Personne ne peut nier qu’il est de retour », poursuit Kat Banyard, avant de conclure : « C’est parfois difficile de dire à des inconnus qu’on est féministe, à cause de ces stéréotypes tenaces – les gens pensent que les féministes sont anti-hommes, n’ont pas d’humour, doivent s’habiller d’une certaine manière – donc le simple fait de se rassembler peut être un levier assez puissant. »

 

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