Il faut sauver la production de miel

Le miel a la cote, le nombre d’apiculteurs est en hausse, et pourtant la production de miel en France est en chute libre. En 2014, la production a baissé d’un tiers par rapport à l’année précédente, et le niveau est au plus bas depuis 20 ans. La faute aux insecticides, entre autres.

-pixabay

  • L’inquiétante mortalité des abeilles

L’année passée a été la pire de l’histoire récente de l’apiculture française, qui voit sa production baisser constamment depuis 20 ans. En 2014, la production a été évaluée à 10 000 tonnes seulement, contre 20 000 tonnes en 2011. Selon Henri Clément, porte-parole de l’Union nationale des apiculteurs français (Unaf), la production de miel a été divisée par trois depuis 1995. Parallèlement, les importations n’ont cessé d’augmenter, dépassant les 30 000 tonnes en 2014.

Lors de leur bilan annuel, les responsables de l’Unaf ont mis en cause la surmortalité des colonies ainsi que les conditions météorologiques catastrophiques pour les abeilles, notamment les multiples tempêtes. Selon les données recueillies dans une vingtaine de départements, la mortalité des abeilles a atteint entre 50 et 80% dans de nombreuses régions très productives comme la Provence, le Midi-Pyrénées et les Alpes. Avant l’arrivée de certains pesticides dans les années 1990, comme les néonicotinoïdes, la mortalité était d’environ 5% chez les abeilles. Sur l’île d’Ouessant, où les abeilles sont exposées uniquement à l’air marin, la mortalité est de 1 à 3% seulement.

  • Les néonicotinoïdes bientôt interdits

Les abeilles ont dû bourdonner de joie ce 19 mars, lorsque l’Assemblée nationale a voté l’interdiction, à compter de janvier 2016, des produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes, accusés de décimer les colonies de ces insectes hyménoptères. C’est une avancée pour l’Unaf, mais les mesures prises sont selon eux trop faibles. Les substances subsistent dans le sol des années et restent donc nocives, de plus, les céréales semées l’hiver ainsi que les betteraves et les traitements en forêt ne sont pas concernés par l’interdiction.-wikipedia

Pourtant, de nombreuses études ne cessent de montrer la nocivité des néonicotinoïdes sur les abeilles mellifères, mais aussi sur les pollinisateurs sauvages, dont l’action est indispensable pour de nombreuses cultures. Une étude publiée jeudi par la Commission européenne démontre que près de 10% des quelque 2 000 espèces sauvages d’abeilles européennes sont ainsi menacées d’extinction, et 5% supplémentaires le seront dans un futur proche si rien n’est fait. L’Unaf demande donc à la France de défendre cette position au niveau européen. Les apiculteurs jugent également insuffisante la lutte contre le frelon asiatique, désormais présent sur les 3/4 du territoire français. Cet insecte reste classé en danger sanitaire de catégorie 2, privant les apiculteurs de moyens pour lutter contre ce fléau. Les professionnels s’inquiètent aussi de l’arrivée du Cynips du châtaigner, un parasite venu de Chine qui se répand à vitesse grand V.

 

 

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Apprentie journaliste à l'Université de Liège en Belgique, amoureuse des chats, experte en rien mais passionnée par tout. Soucieuse de l'environnement, elle a posé ses valises chez Néoplanète.