Iceberg 2012, expédition polaire contre le réchauffement climatique

Iceberg 2012, c’est le pari fou d’un amoureux des mers et de la nature : Didier Bovard, ingénieur naval suisse. En 2002, il parcourt 17 000 km en pédalant sur l’Atlantique, la mer des Caraïbes et le golfe du Mexique. Dix ans plus tard, il se remet à l’eau, du Groenland à Deauville. Rencontre.

« Quand on aime, on ne compte pas, dit la sagesse populaire. J’aime la Terre, je m’investis à fond et j’en rêve la nuit. », lance Didier Bovard. Et pour protéger la planète, il prend des risques : direction l’Atlantique Nord, seul à bord d’un hydrocycle, un pédal’eau spécial équipé de panneaux solaires pour dessaliniser l’eau de mer, pendant un mois.

Quel a été le déclic d’une telle traversée ? Une photo d’Arne Naevra, cinéaste et photographe norvégien, prise en 2007. On y voit un jeune ours polaire qui dérive sur un iceberg minuscule. Il finira par s’échouer, mort affamé, sur les côtes d’Islande. « L’ourson voguait à sa mort prématurée, victime de la folie humaine, précise Didier Bovard. Lui seul sur son bout de banquise, moi seul sur mon hydrocyle, le parallèle est évident. Moi homo sapiens, je peux faire quelque chose car je sais. » Didier Bovard part donc dans l’optique de sensibiliser les populations des pays riches aux conséquences du réchauffement climatique par des conférences, publications, projections, expositions ou encore site internet.

Avec quel équipement ? Un hydrocyle de 6,10 mètres de long et 1,50 mètres de large construit de ses mains. Un panneau solaire de 40 Watt permettra d’alimenter un GPS, l’éclairage intérieur et extérieur et le lecteur CD. « Je suis porté par l’eau à 30%, le transport maritime est le moyen le moins gourmand en énergie. A 40%, les courants marins vont me pousser dans la bonne direction mais je suis sur le qui-vive en permanence, poursuit le sportif. Vient ensuite à 29% la force des mollets et des bras. Le 1% restant, c’est l’énergie de panneaux solaires pour l’éclairage, l’équipement technique et les moyens de télécommunication. Il faut que la préparation physique soit au top. Mon moral est solide. » Lors de sa dernière traversée, Didier Bovard était également parti avec 200 litres d’eau, 100 litres de soda, de l’alimentation lyophilisée pour 150 jours, des pâtes, des barres énergétiques, du chocolat et du lait en poudre. Côté distraction, il avait des livres (Stephen King) et des CD (surtout Elvis Presley).

Qu’en pensent ses proches ? « Égoïstement ou superbement, je n’y pense pas trop. J’ai choisi mon combat et je pense que ce combat est juste, bon et nécessaire. C’est mon apport à notre société, et j’espère que c’est productif, constructif. Si nous ne faisons rien, si nous ne changeons pas notre mode de vie, nous savons que nous courrons à la catastrophe et nous allons encore plus vite que les courants marins. »

Quel sera son parcours ? Fin mai 2012, Didier Bovard s’élancera dans son hydrocycle du port de Nanortalik (pointe sud du Groenland). Direction la mer du Labrador et la route des icebergs. À hauteur de Terre-Neuve, il partira à l’Est, à la faveur du Gulf Stream. Son arrivée à Deauville est prévue entre le 3 et le 12 septembre, date idéale pour capter l’attention des médias présents pour le 38e Festival du film américain. Au total : son périple fera plus de 6 000 km ! « Notre Terre est aussi un navire. Il faut que nous prenions plus conscience de notre consommation et de notre production de déchets. Nous sommes tous sur le même bateau ! », conclut-il.

Suivez le lien pour voir la vidéo : http://www.iceberg2012.net/datas/video/pub-iceberg.html

Plus d’infos : www.iceberg2012.net et www.invention.ch

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