Ian Somerhalder: coup de sang contre les marées noires

Ian Somerhalder, l’ancien naufragé de la série Lost, qui joue dans The Vampires Diaries, dont la saison 3 est actuellement diffusée sur TF1, tient des propos sanglants sur l’explosion de la plateforme britannique BP dans le Golfe du Mexique.

« Je suis né et j’ai grandi en Louisiane, plus précisément dans le bayou. J’ai passé toute mon enfance entouré d’animaux, au contact d’une flore extraordinaire. Je garde des souvenirs merveilleux de gamin : la nuit, cachés derrière un talus, mon père et moi observions les tortues pondre des oeufs. Un spectacle émouvant. Je me rappelle aussi avoir nagé avec des dauphins et avoir admiré des fonds sous-marins si magnifiques que, franchement, je n’avais aucune envie de m’enfermer dans une salle de cinéma ! (Rires.) J’allais oublier les pélicans. Je m’amusais à les nourrir lorsque mon grand-père et moi revenions de la pêche.

Vous n’imaginez pas mon désarroi quand ont été diffusées à la télé les images de ces millions de litres de pétrole visqueux s’échouant sur les plages que j’avais fréquentées. Dès que j’ai appris l’explosion de la plateforme BP, j’ai été submergé par la tristesse et la colère. La tristesse, parce que c’est une partie de mon enfance que ce pétrolier a foutu en l’air. La colère, parce que cette catastrophe majeure aurait pu être évitée si l’on raisonnait moins en termes de rendement, si l’on était moins dépendant à cette énergie fossile ! C’est pour cette raison que j’ai voulu prêter main-forte à des associations comme l’Institut Audubon, dont la vocation est de récupérer les animaux empoisonnés par cette pollution marine, de les nettoyer,  de les mettre sous observation et de les relâcher dans la nature, une fois qu’ils sont guéris !

Ce que les médias n’ont pas assez répété, c’est qu’il n’y a pas que les tortues de Kemp – en voie d’extinction – ou les oiseaux qui ont été frappés par cette tragédie. Une faune moins visible, mais tout aussi importante pour l’équilibre de l’écosystème, a été, elle aussi, touchée. Je pense notamment aux huîtres, aux crabes, au plancton… que les plus gros animaux ingèrent, et c’est le cercle vicieux, car les voilà de nouveau contaminés. Ce qui m’a également bouleversé lors de la mission de sauvetage, c’est cette odeur insoutenable qui m’a pris au nez, puis à la gorge. J’étais sur un bateau, à plusieurs miles nautiques de la plateforme pétrolière, et j’avais l’impression d’être plongé dans la cuve d’une pompe à essence. Autour de moi, il y avait toute cette merde qui avait la même consistance et la même couleur qu’un pudding au tapioca ! Sauf qu’elle nous donnait tous la nausée ! »

Photo: DR

Extrait de Néoplanète 24

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Frank ROUSSEAU, grand reporter et pur produit de la mondialisation ! Elevé en partie en Afrique, au Canada, en Nouvelle Calédonie. Eduqué en France puis dans les Universités américaines, il se passionne ensuite pour l’histoire de l’art et celles de civilisations avant d’intégrer le Figaro Quotidien. Journaliste freelance, il partage désormais son temps entre l’oligopole de Los Angeles et un petit village des Yvelines…