Humeur: Quand la faune déflore…

Eric Poincelet nous fait partager ses vacances, toujours avec beaucoup d’humour… Prêt pour l’aventure ? Allez, plouf !

En septembre me suis fait tentaculer…

Si,si, sérieux…

Par une étoile de mer…

Bon, d’accord, c’aurait pu être pire, style calamar géant bi.

Avec un tel calamar,  de la famille des céphalopodes décapotés,  c’est radical, néoprène étanche ou pas, il n’y a plus un os de seiche…

Mais tout de même… une étoile de mer… Cinq branches, cinq fois de suite, pas mal pour un débutant…

J’étais tout bêtement penché palmé en train de constater l’absence  grave  de coraux – et rien n’est plus difficile que de voir ce qui est absent – quand tout à coup, c’est arrivé…

Ca fait bizarre… Et la palanquée de se bidonner au lieu d’intervenir, prenant le temps de prendre une photo de la prise surprise…

Y’a des moments où l’envie incontrôlable vous prend de fermer toutes les bouteilles d’un coup, alors qu’ on a plutôt tendance traditionnellement à les ouvrir, vive les bulles libres !

Ca n’est pas la première fois  qu’une aquatique tombe amoureuse de votre serviteur…

Déjà à Sharm  el Sheikh, ville balnéaire de la mer rouge et villégiature de la mafia italienne dans laquelle les Français conservent le record mondial d’apnée – bientôt huit ans sans remonter – une jolie femelle Napoléon avait suivi notre bateau pendant trois jours, et me retrouvait à chaque plongée…

C’était très embarrassant vis-à-vis des autres, forcément jaloux, et comme on avait du poulet tous les jours, on a fini par la manger. Pourtant, c’est pas très bon, le Napoléon…

Pas comme cette superbe Mérou à Mérou-ville au large de PortoVecchio… Pendant près d’une heure, elle m’avait encouragé à la suivre à travers les magnifiques gorges profondes de sa cité… Up, down, up, down, up, down…

…N’importe quel plongeur 1.0 sait qu’il ne faut JAMAIS faire  de l’up&down, c’est mauvais pour l’azote, et cette fois, rien à voir avec les algues vertes, c’est rapport aux bulles qui se forment dans la tuyauterie…

Ca a pas loupé, j’ai bullé grave…

Et ça aussi, ça fait très mal, même si c’est moins localisé. Donc se méfier de la faune qui déflore…

Garder ses distances, préférer les bulles externes aux rapports internes, décompresser (je ne parle pas des Parisiens pour une fois), ne pas confondre être sous l’eau et soûlaud, admirer sans toucher mais surtout sans se faire toucher, voilà le secret des plongées réussies.

Et l’on se sent tellement bien, au fond, c’est l’apesanteur totale, on a l’impression de voler et  de ne  plus être volé, et puis  à chaque dix mètres de profondeur, c’est l’équivalent d’un verre de porto réversible…

A quarante, ça commence à être  très, très  bon, c’est la narcose, à ne pas confondre avec la sarkose, phénomène chronique de surface, voire de grandes surfaces.

Sans oublier notre copine Martine de Bruxelles, qui nous disait que dans le fond, ils n’étaient pas si bêtes, les Flamands…

A condition de rester profond, j’imagine. D’ailleurs, les Hollandais  – qui sont des Flamands qui ont réussi, même s’ils ont un gouvernement  – ne s’y sont pas trompés.

Ils ont placé leur pays en grande partie en dessous du niveau de la mer. Pression atmosphérique augmentée, pression intracrânienne optimisée… Pas étonnant que ce pays ait été

l’un des leaders mondiaux pendant des siècles… Alors que la Belgique…

Mais bon, ça va encore énerver notre amie Martine…

J’ai déjà eu assez de mal à faire accepter ma nouvelle copine étoilée à la maison,

va falloir y aller mollo-mollusque…


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