Humeur : europhagie et prêts de travers…

L’Europhagie, littéralement « manger de l’euro », est un phénomène physiologique désignant l’ingestion rapide d’une certaine quantité d’argent qui pénètre dans les poches d’organismes curieusement appelés prêteurs. Dans certains cas, elle est excessive et devient gênante… (Dico Déconnomie 2011, Grassement & en Douceur).

Ca y est, c’est fait, ce !

Pour la première fois de notre histoire, la rémunération des Banksters représente le premier poste budgétaire de la France…

Devant l’Education, et même devant la Santé (chez nous) et la Défense (les interruptions de santé chez les autres).

Si, sérieux…

Notre éternel Boy Scout qui veut absolument faire traverser la rue aux sourds et aux malentendants, le bienheureux François Baroin, vient de révéler son Projet de Loi de Finances (PLF PAF dedans) 2012… Qui révèle entre autres que ça y est, c’est fait, ce que l’on appelle joliment la « charge de la dette » est en tête (à couper) de tous les postes budgétaires…

En d’autres termes, c’est ce que nous versons aux Flibustiers de la Finance pour les remercier de nous avoir convaincus de leur avoir emprunté cher au lieu de l’avoir fait à pas cher auprès de la Banque de France comme au bon vieux temps, avant que les Banksters n’installent Pompidou à l’Elysée… C’est Ballot…

De Gaulle, chantre de l’orthodoxie budgétaire qui réglait lui-même ses dépenses personnelles (le niais…), doit se retourner dans sa tombe.

Il le fait tellement ces derniers temps d’ailleurs que le cimetière de Colombey doit faire le bruit d’une rôtissoire, mais bon…

49 milliards d’euros…. Presque un Madoff et demi l’an prochain, rien que pour nous…

C’est-à-dire que nous payons plus aux Banksters que le revenu global du tourisme, qui est devenu la première activité industrielle de la France. La dernière aussi, à terme, mais c’est un autre débat.

Que font-ils de tout ça, ces Banksters, à part jouer au golf en pouffant et se gaussant ? Nan, c’est vrai, il y a un moment, logiquement, ça doit lasser de jouer au golf en pouffant et se gaussant… Et pourtant, pas…

En tout cas, la France a bien retenu sa leçon… Histoire de ne pas inquiéter outre mesures fiscales nos petites amies Fourmies fournies, la Cigale tricolore va emprunter « sur les marchés » 179 milliards d’euros d’obligations, ce qui correspond juste aux échéances de dette ainsi qu’au déficit de 2012…

C’est vrai que c’est bizarre : on emprunte pour « cajoler » les Banksters, et les convaincre qu’on va pouvoir les rembourser grâce aux emprunts. Pourtant, moi, quand j’ai fait un chèque à mon conseiller clientèle de la Société Générale pour combler mon découvert, ça l’a pas fait rire. C’est bizarre, vous dis-je…

Mai l’important, c’est plus la rose, c’est de garder notre notation AAA, qui nous permet d’emprunter à Bakou, si j’ai bien compris. L’Azerbaïdjan, ça change de la Françàfric, quoique, l’Afrique, on n’avait même pas besoin de rembourser…

Grâce à notre AAA, on va donc pouvoir emprunter pas cher, à peine deux fois le taux auquel les Banksters empruntent eux-mêmes à la Banque Centrale, qui distribue l’argent public qu’on lui a donné juste avant d’emprunter au privé…

En d’autres termes, ils nous culbutent en faisant juste la culbute eux-mêmes, on ne peut plus parler du trou de Bâle III, c’est dépassé… D’ailleurs, en marketing financier, on ne parle plus de taux d’usure, mais de taux de pénétration, ça ne s’invente pas.

Qu’ils aient commencé par les Grecs en dit long… Notre BaroinBoyScout ne parlant pas vraiment bien anglais, j’en profite pour lui signaler qu’à la City, ils appellent ça le Defi Shit, ah, cet humour soooo british…

Essayons de relever le niveau, j’en conviens, et restons stoïques devant les taux qui ne se resserrent pas. C’est dans la crise que les grands hommes se révèlent. Donc, en 2012, plus de petit, promis…

Parce que ce bruit de rôtissoire à Colombey, ça devient insupportable…

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