Humeur : Bonne Fête, Papa !

Le  22 Septembre dernier, c’était la Journée mondiale Alzheimer. Eric Poincelet revient à sa manière, avec toujours beaucoup d’humour, sur cette maladie neurodégénérative qui touche 800 000 personnes en France et entraîne une perte progressive et irréversible de la mémoire…

C’est sans doute l’un de ces instants privilégiés que l’on sait fugace… Mes parents, mon frère cadet et votre serviteur autour de la même table, juste tous les quatre… Histoire de meuh-blé la conversation et empêcher qu’un ange passe, je dis en passant moi-même « Tiens, aujourd’hui, c’est la journée (d’□; pour□; contre□; cocher la bonne case de vide) Alzheimer… ».

C’est là que tout a commencé…

Plus rapide qu’un exocet en démonstration au Bourget ou aux Malouines, mon frère lance un inattendu « Bonne Fête, Papa ! ». Mon éminent Père, qui ne se souvient même plus qu’il ne souffre pas d’Alzheimer, manque de s’étrangler… Et de répondre « Comment ai-je pu faire un enfant comme ça ? ». Et Maman d’ajouter : « Ca, je suis sûre, il ne s’en souvient pas… ».

Suivi bien évidemment d’un fou rire généralisé, type Péléen, qui fait préférer les nappes lavables en machine aux brodées d’autrefois…

… Puis l’inévitable répertoire classique : « Docteur, je perds la mémoire ! – Depuis quand ? – Depuis quand, quoi ? ». Ou encore à la Desproges : ce qu’il y a de bien avec Alzheimer, c’est qu’on se fait de nouveaux amis tous les jours… Sans oublier notre copine Martine de Bruxelles, qui jure que les Belges préfèrent Alzheimer à Parkinson, parce qu’il vaut mieux oublier de payer sa tournée que de renverser sa bière…

… Et ma préférée, racontée dans un Club Britannique très Fart, Fart, My Dear par un ami de la BBC qui ressemblait à Peter Ustinov, tout en prétendant que c’était Peter Ustinov qui lui ressemblait…

John et Jim jouent aux cartes à la maison. Soudain, John s’interrompt…

John : Tu sais, Jim, le Docteur vient de me prescrire un médicament (pour□; contre□ ; cocher la case de vide) les pertes de mémoire… Ca marche pas mal du tout… Peut-être que tu devrais essayer ?

Jim : Ah, bon ? Et comment il s’appelle ton médicament ?…

John : … Là, il va falloir que tu m’aides un peu… Tu te souviens du nom de cette fleur, qui sent si bon, mais qui a des épines ???

Jim : Une rose ?

John : Ah, oui, c’est ça !

John se tourne alors vers le salon et s’écrie : « Rose, ma chérie, tu peux me dire le nom du médicament que vient de me donner le toubib ? »… J

Bon, je sais, c’est limite, et je présente mes excuses à tous ceux qui de près ou de loin, subissent ce fléau… Même notre ex futur Président a reconnu qu’on ne pouvait pas tout traiter à la légère… Et pourtant, l’humour est une bonne thérapie, semble t’il…

Alors, tant pis, je continue… Vingt ans de médical dans les bottes, et je ne comprends toujours pas pourquoi, sur les quelque 8,000 maladies répertoriées, moins de 2,000 sont « soignées »… D’accord, ça coûte près d’un milliard (de dollars, c’est éminemment risqué de coter en euros ces derniers temps) la molécule – pourtant infiniment plus simple que ce que la Nature est capable de synthétiser toute seule comme une grande… Mais ça n’est pas suffisant comme explication, la dette américaine à elle seule aurait permis de développer 14,000 molécules, c’est ballot…

Non, tout cela tient simplement au fait que certaines maladies sont soit plus compliquées que d’autres, soit qu’elles ne sont pas assez rentables parce qu’il n’y a pas assez de clients solvables. Ce deuxième cas de figure, c’est les maladies orphelines qui font des orphelins. Alzheimer, c’est plus compliqué…

Eh bien oui, réparer un trolley qui grésille, c’est plus difficile qu’une chasse d’eau qui fuit… Demandez à votre plombier de refaire l’électricité, et vous le retrouverez souriant béatement avec deux doigts dans le triphasé…

Car tous les médecins – qui sont intelligents – n’ont pas la même intelligence… Vous ne verrez jamais des urologues diner en ville avec des neurologues, par exemple… Et les plus brillants ont compris que c’était un peu suicidaire de passer son temps à éliminer d’un seul coup les problèmes de ses clients. Comme le pneu 100,000 kms ou la voiture électrique sans entretien, faut être plus malade que gourou pour lancer de tels produits…

Alors, oui, la « Recherche » médicale a encore de beaux jours devant elle. Comme disait mon Maître à panser Pierre Desproges, le cancer fait vivre plus de gens qu’il n’en tue…

A propos de cancer, avez-vous remarqué que plus aucun VIP ni leader politique (je ne parle pas du show biz ou d’Hollywood, ces gens passent et trépassent comme tout le monde, ça fait du buzz) n’en meurent depuis quelques années ?

Même Steve Jobs s’accroche, alors qu’à mon époque, un cancer du pancréas, c’était bouclé en un an max, cérémonie comprise… Bizarre, bizarre…

On s’en reparle, promis !

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