Huile de Palme : WWF classe les bons et mauvais élèves

Acheter des produits à base d’huile de palme durable, c’est possible. Il y a même un label pour cela, le label de la RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil, en français table ronde sur l’huile de palme durable). La RSPO délivre le label CSPO (Certified Sustainable Palm Oil). Hier, l’assemblée générale de la RSPO a commencé. Pour l’occasion, l’ONG WWF, qui participe à cette table ronde, publie un rapport sur les entreprises utilisant de l’huile de palme. Gros ou petit consommateurs, plus de 130 entreprises européennes, australiennes et japonaises ont été examinées par la WWF. Bilan des bons et mauvais élèves.

Ce classement est à la fois une manière de féliciter certains pour leurs avancées et de taper sur les doigts de ceux qui sont à la traîne.

Mal noté mais engagé
Dans le classement établi par WWF, L’Oréal est le premier de la classe aux côtés de Carrefour. Bien que L’Oréal n’utilise pas de gros volumes d’huile de palme dans ses produits de beauté, la totalité de sa consommation est certifiée CSPO. « Carrefour est un bon élève car il s’est engagé sur le terrain au niveau des petits producteurs. L’entreprise cherche aussi à diminuer sa consommation d’huile de palme. Elle est aussi le seul distributeur français à obtenir une note de 8 sur 9. », explique Boris Patentreger, représentant de WWF à la table ronde de l’huile de palme durable. Si L’Occitane est mal noté, WWF souligne son engagement à « développer la production bio et équitable de cette huile en Côte d’Ivoire ».

Bonnet d’âne pour Lactalis et Ferrero
Les cancres de l’utilisation de l’huile de palme durable sont Lactalis (produits laitiers) et Ferrero (chocolats et son célèbre Nutella). Tous les deux sont de gros consommateurs de cette matière première mais ont encore des efforts à faire. Si Ferrero fait partie de RSPO, il n’utilise qu’entre 0 et 25 % d’huile de palme durable sur les 50 000 à 100 000 tonnes utilisées par an. En ce qui concerne Lactalis, sur les 10 000 à 50 000 tonnes consommées, 25 à 50 % sont certifiés durable. Mais pour Lactalis, la WWF condamne surtout le manque d’engagement. Alors que Ferrero s’est engagé à acheter 100 % d’huile de palme durable d’ici 2015, Lactalis reste muette sur ce point.

Un manque de transparence
Mais ce qui dérange le plus WWF dans cette étude, c’est le manque de transparence des entreprises. La plupart d’entre elles ont donné une vague estimation voire aucun chiffre sur leur consommation annuelle d’huile de palme. Et c’est bien là le plus gros problème ! Comment avoir une offre d’huile de palme durable correspondante à la demande si l’on ne connait pas les besoins. Sans encourager la consommation de l’huile de palme, la RSPO veut inciter les entreprises à acheter plus éco-responsable.

Trois types de catégories sont prises en compte par le classement : Book and Claim, Mass Balance et Segregated. La catégorie Book and Claim désigne l’huile issue du programme Green Palm qui n’offre pas une grande traçabilité mais certifie qu’une partie de l’huile est labellisée CSPO. Mass Balance permet de mieux contrôler la provenance mais huile CSPO et non-CSPO sont mélangées. L’idéal, c’est la dernière catégorie : Segregated. Dans ce cas, la provenance de l’huile est connue et elle est 100 % durable.

L’huile de palme certifiée CSPO représentent 10 % de la production mondiale, soit 5 millions de tonnes. En 2010, 2,2 millions de tonnes d’huile de palme CSPO étaient achetées, un million de plus qu’en 2009. Trop peu pour la WWF.


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