« Home », les Européennes… L’écologie sort grand vainqueur !

Au cours des trois derniers jours, l’écologie et le développement durable ont triomphé par la voie d’un film et par celle des urnes.
Néoplanète, premier magazine à avoir présenté en couverture de son dernier numéro la sortie du film Home, se félicite des excellents scores d’audience réalisés autant sur le net, qu’à la télévision ou même en extérieur à Paris où le film a rassemblé
plusieurs milliers de spectateurs.

L’intérêt manifeste des Français pour le DD s’est de nouveau exprimé dimanche par le biais des résultats aux élections européennes. Les partis  » verts  » ont enregistré des scores inédits les propulsant dans la cour des grands.

Néoplanète salue ces deux grands succès pour le Développement Durable et l’Ecologie qui en font aujourd’hui les thématiques incontournables de la politique, de l’économie et de notre quotidien.
Ces résultats nous confortent dans l’objectif de notre mission qui devient celle de tous .

Retrouvez-ci dessous les interviews de François-Henri Pinault, Luc Besson et Yann Arthus-Bertrand.

Trois hommes et un coup fin

Joli coup ! Un film diffusé gratuitement dans plus de 80 pays pour la journée mondiale de l’environnement, le 5 juin, c’est une grande première ! Une première française, née de la rencontre entre Luc Besson, Yann Arthus-Bertrand et François-Henri Pinault, mécène du projet.

Par Yolaine de la Bigne

(c) Kal Juenemann

Mécène, François-Henri Pinault
Mécène… le mot fait rêver en ces temps de vaches maigres. Pour le big boss de cette société du luxe qu’est PPR, le développement durable n’est pas qu’une belle image sur papier glacé.

En période de crise, n’est-ce pas une folie d’avoir déboursé 10 millions d’euros sur 3 ans pour le film Home ?
Il y a presque deux ans, j’ai décidé de m’associer à Yann Arthus-Bertrand et Luc Besson dans ce magnifique projet sans précédent : pour la première fois dans l’histoire du cinéma, un film sortira le même jour, dans le monde entier, gratuitement, sur tous supports : salles de cinéma, télévision, Internet et DVD ! En soutenant Home, le premier objectif de PPR (Pinault-Printemps-Redoute) est la sensibilisation du plus grand nombre aux enjeux sociaux et environnementaux de notre monde. Je crois que c’est justement en cette période difficile de crise économique que les gens sont plus attentifs aux valeurs de sincérité et de solidarité. Ils privilégient l’éthique, le respect de l’environnement, l’intégrité. Au-delà de la conjoncture, je crois qu’un profond changement structurel est en train de toucher la consommation mondiale en faveur du développement durable. Le groupe PPR et l’ensemble de ses 88 000 collaborateurs sont très fiers de participer, à travers ce film, à la prise de conscience générale de l’état de notre planète. C’est un devoir, non une folie. Il est temps d’agir.

L’industrie du luxe est-elle, par son pouvoir économique et d’influence, un vecteur essentiel pour imposer les valeurs écologiques au monde ?
Il ne s’agit pas uniquement d’imposer des valeurs écologiques, stricto sensu, mais plus globalement de prendre conscience des enjeux du développement durable. Nous devons agir de façon responsable tant dans le domaine social qu’environnemental. Il se trouve que luxe et développement durable partagent des valeurs communes qui sont la protection des ressources naturelles et des talents, la pérennité et la transmission. Les clients du luxe exigent naturellement le meilleur. Depuis la conception jusqu’à la distribution en passant par les conditions de travail des collaborateurs, la transparence et l’intégrité sont de rigueur. Ces exigences guideront toujours le luxe pour le rendre irréprochable. Le luxe fait rêver et crée des tendances. À ce titre, il est visionnaire et montre le chemin en répondant d’ores et déjà aux nouvelles exigences de consommation citoyenne. Non seulement le luxe a les moyens de donner l’exemple en matière de développement durable mais cela relève à mes yeux de son essence et de sa responsabilité.

On connaît votre intérêt pour la défense de la planète. Quels sont vos priorités, les actions prochaines de PPR ?
Depuis treize ans (1996 : signature de la charte éthique), nous développons la politique de responsabilité sociale et environnementale (RSE) du groupe dans une démarche de progrès continu. En 2007, PPR a accéléré et structuré sa politique RSE en créant une direction dédiée à ce sujet représentée au Comité exécutif et qui m’est directement rattachée. Nous avons également défini sept enjeux stratégiques RSE pour 2008-2010. Ces priorités concernent les fondamentaux de nos métiers : chaîne d’approvisionnement, logistique, infrastructures, offres produits, mais aussi l’employabilité, la diversité et la solidarité que nous devons développer avec les communautés locales et la société civile. Ces priorités structurent désormais les approches RSE du groupe et de toutes ses marques et enseignes. Elles servent de cadre de référence commun. Chaque société du groupe s’est appropriée ces sept enjeux et les décline sur son périmètre, selon son business modèle.
Par ailleurs, nous avons récemment annoncé le lancement de la Fondation d’Entreprise PPR pour la Dignité et les droits des femmes. Notre engagement, notre combat est double : lutter contre toute forme de violences faites aux femmes et promouvoir l’aide au développement au bénéfice des femmes.

Malgré la situation, restez-vous optimiste ou êtes-vous inquiet ?

Je crois que l’heure n’est plus au pessimisme ou à la complainte, l’heure est à l’action. En tant que groupe mondial, PPR doit montrer l’exemple. Notre responsabilité est double : nous améliorer nous-mêmes, et encourager la prise de conscience collective. À travers le soutien du film Home, PPR concentre son action de mécénat dans le domaine de la responsabilité sociale et environnementale avec l’objectif de sensibiliser le plus grand nombre. Notre objectif, c’est vraiment que les gens bougent, à l’échelle individuelle et collective. Je suis d’ailleurs agréablement surpris par la mobilisation sans précédent de toutes nos marques et enseignes autour de la promotion du film, chacune avec leur propre savoir-faire. La Fnac, par exemple, détient un rôle « moteur » dans ce projet, comme enseigne spécialiste du cinéma, comme réseau exclusif de distribution du DVD en France, et comme acteur en communication autour du film sur ses différents supports. CFAO, quant à elle, distribue le film dans 28 pays sur le continent africain. Enfin, Gucci, Bottega Veneta ou encore Somewhere ont, pour leur part, créé des produits à l’effigie de Home : tee-shirts, sacs… les profits seront bien sûr reversés à GoodPlanet.org, l’association de Yann Arthus-Bertrand.

(c)Antoine Verdet

Réalisateur, Yann Arthus-Bertrand
Entre deux avions et trois projets, quelques minutes d’entretien au vol avec le photographe du ciel.
Après le succès de votre travail de photographe, pourquoi un film ?
C’est une autre dimension. Quand j’ai vu le film d’Al Gore, cela m’a donné envie d’aller plus loin car je suis sidéré par le manque de réaction actuel. J’ai l’impression que les gens ne bougent pas, qu’ils continuent de vivre comme s’ils ne savaient pas ce qui les attend. On sait qu’en 2050 il n’y aura plus de poissons ? Qu’importe, on continue de pêcher avec des filets gigantesques ! Ce gâchis est invraisemblable. Pourquoi ? Je ne sais pas. Par manque de vision, par peur, par inconscience. Mais c’est désespérant et aujourd’hui il est trop tard pour être pessimiste

D’où l’importance de continuer à se battre. Quels sont vos projets ?
Cela fait quatre ans qu’entre mon émission de France 2, l’exposition 6 milliards d’Autres et le film Home, je cours le monde. Je voudrais souffler et m’occuper de ma fondation. Car l’association Good Planet va devenir une fondation d’ici peu et va me permettre de me concentrer sur certaines missions. Notamment en faveur des enfants et des gens qui bougent et travaillent à la sauvegarde de la planète. Déjà, depuis trois ans, nous distribuons des kits pédagogiques dans les écoles et offrons des vacances « vertes » à des enfants défavorisés, mais je voudrais aller plus loin, intervenir dans les écoles, organiser des journées de sensibilisation… Le 22 avril, je reçois le prix Champion of the Earth for Inspiration and Action, décerné par le programme des Nations Unies pour l’Environnement qui récompense des acteurs de l’écologie. Je compte m’en servir pour agir. Plus que jamais, c’est urgent !
Entretien avec Yolaine de la Bigne

(c) Guy Ferrandis / 2007 Europacorp.

Producteur, Luc Besson
Depuis le Grand Bleu et Atlantis, le réalisateur-producteur français le plus célèbre ne nous avait pas offert de grandes odes à la nature. Avec Home, il crée l’événement. Pour la défense de la planète.

Pourquoi avez-vous eu envie de faire ce film ?

Il y a urgence : nous n’avons plus que dix ans pour inverser la tendance. C’est une démarche exceptionnelle car Home va sortir le 5 juin – la Journée Mondiale de l’écologie – sur différents supports en même temps (télévision, cinéma, DVD et Internet) et dans tous les pays. Le message, c’est « Si le 5 juin, vous voulez faire quelque chose pour la planète, regardez le film ! ». Il y a aura des projections en plein air gratuites organisées par les mairies, les associations locales. Il y en aura une également le 5 juin à Paris sur le Champ de Mars à 22 heures, une autre à Central Park et une dernière à Mexico, etc. Je pense qu’on peut toucher plusieurs millions de personnes en 48 heures.
Trouver un mécène, c’est rare aujourd’hui. Ce projet a pu se réaliser, en effet, grâce au groupe PPR. Non seulement c’est une alliance formidable mais c’est aussi un message lancé à tous les industriels pour leur dire que c’est également de leur ressort, de leur responsabilité. Et pas uniquement celle des écologistes et des défenseurs de la nature.

Cela fait longtemps que ce thème vous touche ?
Je suis souvent dubitatif sur certains préceptes que l’on entend : il faut faire ci, ne pas faire ça… Mais il faut tous que l’on change notre façon d’être. Personnellement, j’aide souvent de jeunes réalisateurs qui ont du mal à réunir assez d’argent pour tourner leur court-métrage. J’ai un grand studio de mixage en Normandie, je leur laisse l’utiliser gratuitement à condition qu’ils retroussent leurs manches et me plantent tous un arbre. J’ai donc une forêt de réalisateurs avec leur nom dessus ! C’est ma reforestation personnelle !

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