H1N1, répétition générale !

L’édito d’Alexis du Fontenioux du blog Valinkeo

John Woods, professeur émérite, océanographe et co-auteur du premier rapport du GIEC nous confiait il y a quelques temps qu’il craignait bien davantage les pandémies que le changement climatique pour l’intégrité humaine. Le SRAS, le H5N1 et aujourd’hui la version H1N1 sont depuis passés par là.

Pig
Creative Commons License photo credit: auggie tolosa

A en croire les différentes autorités sanitaires, à moins d’une résurgence du virus en automne sous une forme plus virulente, le danger serait passé. Le temps est donc aux polémiques, en avons-nous trop fait ou pas assez ? Quoi qu’on en pense, cette alerte aura été l’occasion d’une répétition générale face à un fléau qui ne manquera pas de survenir, la pandémie. A part à Hong Kong, encore traumatisé par le SRAS, l’exercice s’est plutôt bien passé, l’équilibre entre information et action de prévention fut plutôt bien trouvé. Ce genre d’épreuve permet d’évaluer dans les faits les performances et les lacunes de nos dispositifs de veille et de prévention sanitaire. A ce titre, on aimerait avoir une explication détaillée, un bilan transparent et une synthèse des conclusions que ne manqueront pas de formuler nos autorités.

Une autre réflexion est aussi à mener sur les facteurs déclenchant ces HxNx (on compte également le H3N2, le H1N2, etc.). Il est troublant de ne pouvoir en déterminer clairement l’origine. Philippe Vannier (Afssa) nous explique que cette grippe « porcine » contient un mélange de séquences génétiques détonnant de porc, de poulet et d’humain! L’actualité a braqué ses feux sur « La Gloria » située dans la vallée de Perote au Mexique, où les conditions sanitaires de l’élevage porcin sont proprement scandaleuses. On ne peut affirmer qu’il s’agit là du foyer de la pandémie, mais indépendamment des liens aujourd’hui non établis entre les conditions sanitaires et l’émergence du virus, on y retrouve toutes les conditions d’un désastre écologique et social. L’appât du gain de certaines sociétés, en l’occurrence Granjas Carrol, filiale d’une multinationale américaine largement décriée (Smithfield), des populations fragiles aisément manipulables, une absence de contrôle et un mépris total pour l’environnement. Toujours la même histoire….

La nature nous rappelle décidemment à l’ordre et nous interroge régulièrement sur notre relation à l’élevage et à l’alimentation. Si nous limitons cette « couturière » au seul traitement des conséquences sans agir sur les causes, il y a fort à parier que nous n’éviterons pas la «générale ».

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.