Grand tétras : un oiseau alpin menacé par les sports d’hiver

Le Grand Tétras, aussi appelé Grand coq de bruyère, est un oiseau de 2,40 à 2,80 m d’envergure, qui pèse de 6 à 8 kg. C’est un gros gallinacé habitant les forêts de conifères. En France, il vit dans les Vosges, le Jura, le nord des Alpes, les Cévennes et les Pyrénées. Sa population décroît, notamment à cause des sports d’hiver.

Le Grand Tétras, également connu comme le chamois, est réputé pour sa parade nuptiale. Il est très présent dans les régions alpines de l’Allemagne et de la Suisse, mais sa population y subit un déclin important. Comment l’expliquer ? Une étude, publiée dans la revue IBIS, révèle à quel point la croissance des loisirs de l’homme joue un rôle clé dans ce déclin.

En hiver, les montagnes d’Europe centrale attirent des milliers de touristes pour le ski, le snowboard et d’autres sports de plein air, mais les écologistes craignent que cette invasion annuelle menace les espèces d’oiseaux indigènes, y compris le Grand Tétras.  «Les écosystèmes alpins à travers l’Europe sont restés relativement intacts jusqu’au début du siècle dernier, mais aujourd’hui, les aires de loisirs de l’homme en extérieur coïncident avec les habitats d’hiver de nombreuses espèces timides et en voie de disparition», a déclaré le responsable de la Station ornithologique suisse. Or, l’hiver correspond déjà à la saison la plus dure pour ces espèces montagnardes.

Facteurs de menace

Le grand tétras est ainsi une espèce sérieusement menacée. Il est très sensible aux dérangements, en particulier pendant la période des parades. Des interruptions trop fréquentes de la parade des mâles peuvent empêcher la reproduction. En outre, la grande taille de cet oiseau implique une importante dépense d’énergie lors des envols en fuite (surtout en hiver), ainsi que des blessures toujours possibles contre les branches d’arbres. Des perturbations fréquentes en période de nidification peuvent mener la femelle à abandonner le nid et ainsi condamner la couvée. Pour témoigner du développement considérable des activités de loisirs en montagne, voici quelques chiffres pour les Vosges : 3,5 km/100 ha de voies forestières, 2 km/100 ha de sentiers balisés, 0,6 km/100 ha de pistes VTT, 2,4 km/100 ha de pistes de ski de fond, 32 stades de ski, estimation de 10 à 15 millions de visiteurs par an…

Actions de protection

Le grand tétras est protégé en Alsace-Lorraine, Franche-Comté et Rhône-Alpes. Il fait partie des espèces «en déclin» sur la Liste Rouge des espèces nicheuses d’Alsace. En France, le ministère de l’Écologie a lancé en 2009 une stratégie nationale de conservation du Grand Tétras dans le pays. La première action des protecteurs de la nature a été d’obtenir l’interdiction totale de la chasse, afin de ne pas aggraver la situation.

En effet, si les femelles et les jeunes bénéficiaient d’une protection depuis dès 1890 pour l’Alsace, le tir des mâles était toujours autorisé. Un collectif d’associations s’est constitué sous l’impulsion de la LPO Alsace. Son but ? L’arrêt total de toute activité sylvicole et la limitation drastique des activités humaines de loisirs.

Que pouvez-vous faire pendant vos vacances à la montagne pour ne pas déranger les animaux ? D’abord, ne pas donner de nourriture permet de ne pas bouleverser leur cycle naturel. L’appareil digestif de la marmotte, par exemple, peut être troublé par quelques bouchées de pain, ce qui l’empêche de faire des réserves pour l’hiver.

Pensez ensuite à ne pas troubler la tranquillité des lieux par des bruits, cris ou appareils sonores. Pour ne pas déranger la faune sauvage, évitez les photos et les approches intempestives, notamment en ne faisant pas de hors-piste. La tranquillité est en effet une condition essentielle pour la survie des espèces. Les animaux sont ici chez eux, faites-vous le plus discret possible : se nourrir, ruminer et dormir en toute quiétude sont des activités vitales pour eux. Evitez enfin de circuler avec des véhicules motorisés (voiture – motos) sans autorisation.

Certaines espèces rares et certains milieux naturels sont directement menacés. Mieux vaut également garder à l’esprit qu’une simple cigarette peut déclencher un incendie. 5 000 départs de feux ont lieu chaque année en France, et neuf sur dix sont d’origine humaine.



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