Grâce à l’Europe, les Vautours ont enfin le droit de se nourrir !

D’après un communiquié LPO du 28 mai 2009

Depuis quarante ans, de nombreux efforts ont été consentis en France pour sauvegarder les 4 espèces de vautours présentes dans notre pays. Le 24 avril dernier, un vote au parlement européen a autorisé l’utilisation des carcasses d’animaux pour nourrir les rapaces nécrophages. Une nouvelle qui pourrait permettre d’éviter les frictions entre éleveurs et vautours.

A l’état sauvage, les vautours (fauve, moine, percnoptère et gypaète) servent d’équarrisseur naturel : ils se nourrissent uniquement des carcasses qu’ils trouvent dans les alpages. Le changement de la réglementation sanitaire suite à la « vache folle » a entrainé l’obligation de détruire les sous produits d’abattage plutôt que de les laisser aux oiseaux.

Vautours
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L’Espagne qui possède la plus grande population de vautours en Europe a mis en place de façon très sévère ces restrictions. Affamés par la disparition des carcasses d’animaux, une partie des vautours de la péninsule ibérique est venue trouver en France de quoi s’alimenter.

L’application de cette décision européenne devrait permettre, désormais, de laisser des carcasses d’animaux issus d’élevage à la disposition des vautours sans systématiquement les acheminer vers des aires d’alimentation spécifiques autorisées, notamment sur les secteurs éloignés ou difficilement accessibles dès lors que cette pratique n’engendre aucun risque pour la santé humaine et animale.

L’Espagne a désormais, grâce à ces amendements, les moyens de résoudre le problème de la famine qui touche ces vautours, notamment en leur permettant de trouver à nouveau de la nourriture disponible.

Cette solution devrait permettre de limiter encore un peu plus les conflits entre éleveurs et ces grands nécrophages, même si ces derniers sont de moins en moins nombreux, sans compter le bénéfice pour toutes les espèces protégées qui dépendent du pastoralisme extensif.

Beauty is in the eye of the beholder
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Rappelons que les vautours sont le parfait symbole de ce mot galvaudé : le développement durable.
En effet, leur rôle d’équarrisseur naturel permet :
d’éviter l’émission de CO² en limitant le transport des cadavres d’animaux jusqu’aux incinérateurs.
d’économiser les frais de l’équarrissage industriel pour les éleveurs.
– d’avoir un rôle sanitaire en tant qu’élément de lutte contre les épidémies. En se nourrissant des animaux morts, ils évitent des transports qui peuvent être contaminants malgré toutes les précautions prises. (Dans certains pays ils sont même appelés “les infirmiers de la nature“ à cause de ce rôle de prévention actif qu’ils ont joué depuis toujours.)

Enfin, ils sont une source de développement touristique partout où il est possible de les observer, dans les Pyrénées, dans les Grand Causses, dans le Mercantour, dans le Diois…

Protecteurs de la nature, vautours, élus locaux et éleveurs pratiquant l’élevage extensif, ont donc un intérêt mutuel à ce que cette décision, défendue avec succès par Birdlife International (organisme regroupant tous les associations protectrices des oiseaux au monde et dont la LPO est le représentant en France) auprès de la commission européenne, soit appliquée.

Vautour
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Informations complémentaires

Dossier de presse disponible sur le site www.lpo.fr

Le vautour fauve (Gyps fulvus), le plus répandu dans les Pyrénées

C’est l’espèce de vautours la plus commune dans les Pyrénées. La dynamique des populations sur les deux versants de cette chaîne montagneuse est interdépendante. Ce rapace ne connait pas de frontières, il est capable d’effectuer plusieurs centaines de kilomètres par jour pour se nourrir. Il vit en colonies, pouvant comprendre plusieurs dizaines d’individus. Il niche dans les falaises et tous les sites favorables des Pyrénées-Atlantiques, ainsi que dans les Hautes-Pyrénées. Les provinces de Navarre et l’Aragon abritent, quant à elles, chacune près de 3 000 couples. Il se nourrit de chaires molles (muscles et viscères).

Fiche technique :
• Envergure : 2,60 m à 2,80 m ;
• Poids : 9 à 11 kg ;
• Répartition française : le vautour fauve niche dans les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, l’Aveyron, la Lozère, la Drôme, les Alpes de Haute-Provence et le Var ;
• Effectifs en France : 796 couples en 2007 ;
• Effectifs dans les Pyrénées françaises : 525 couples en 2007 (en baisse)

Le vautour percnoptère (Neophron percnopterus), un migrateur

Seul vautour migrateur, il passe l’hiver en Afrique sahélienne avant de rejoindre la chaîne Pyrénéenne de mi-février, pour les plus précoces, à septembre. Espèce territoriale, les couples nichent sur des falaises, éloignés les uns des autres. Deux dortoirs de plusieurs dizaines d’individus peuvent être observés dans les Pyrénées. Ce petit rapace nécrophage se nourrit de menus déchets.

Fiche technique :
• Envergure : 1,60 m à 1,80 m ;
• Poids : 2 à 3 kg ;
• Répartition : le vautour percnoptère niche dans les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, l’Ariège, les Pyrénées-Orientales, l’Aude, l’Aveyron, la Lozère, le Gard, l’Hérault, l’Ardèche, les Bouches-du-Rhône, la Drôme et le Vaucluse ;
• Effectifs en France : 87 couples en 2007 ;
• Effectifs dans les Pyrénées françaises : 67 couples en 2007 (stable)

Le gypaète barbu (Gypaetus barbatus), le rapace le plus rare d’Europe

C’est le rapace le plus rare d’Europe avec seulement 130 couples répartis en France, en Espagne, en Italie, en Suisse et en Grèce. Espèce très territoriale, il niche dans des falaises. Il doit son surnom de « casseur d’os » à la spécificité de son régime alimentaire. Il se nourrit, en effet, essentiellement d’os prélevé sur des squelettes, dont il emporte les plus gros dans les airs avant de les lâcher sur des rochers pour les casser.

Fiche technique :
• Envergure : 2,60 m à 2,90 m ;
• Poids : 5 à 7 kg ;
• Répartition : le gypaète barbu niche dans les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, l’Ariège, les Pyrénées-Orientales, la Savoie, la Haute-Savoie et en Corse.
• Effectifs en France : 44 couples en 2007 ;
• Effectifs dans les Pyrénées françaises : 28 couples en 2007 (en légère augmentation)

Le vautour moine (Aegypius monachus), disparu des Pyrénées depuis 150 ans

Même s’il est observé plusieurs fois par an sur différents sites des deux côtés de la frontière, dans toute la chaîne pyrénéenne, il ne niche plus dans les Pyrénées depuis 150 ans. Depuis 2007, une opération de réintroduction est en cours en Catalogne. En France, une vingtaine de couples niche dans les Grands Causses suite à une opération de réintroduction menée entre 1992 et 2004. Des lâchers ont également lieu dans la Drôme et les Alpes de Haute-Provence. Ce vautour est le seul à construire son nid au sommet d’un arbre. Pour se nourrir, il affectionne particulièrement les parties coriaces des carcasses (peau, tendons et cartilages).

Fiche technique :
• Envergure : 2,60 m à 2,80 m ;
• Poids : 7 à 9 kg ;
• Répartition : le vautour moine niche en Aveyron et en Lozère ;
• Effectifs en France : 18 couples en 2007 (en augmentation) ;
• Effectifs dans les Pyrénées françaises : aucun

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Tout juste diplômée en lettres et communication, Alexandrine fait ses débuts de journaliste au sein de la rédaction de NEOPLANETE. Elle s'occupe aujourd'hui principalement du contenu du site internet.