Golf : les greens deviennent verts

Ca swing dans les golfs français ! Souvent pointés du doigt pour leur impact sur l’environnement, les clubs de golf aspirent à redorer leur image. Certains adoptent même un éco-fonctionnement.

Avec des parcours de 40 hectares en moyenne, les terrains de golfs engloutissent la consommation annuelle en eau de 7 000 français ! Au total, 3176 m3 d’eau par hectare et par an. On peut également ajouter à cela les 1,5 kg de fertilisants chimiques consommés pour un hectare de golf chaque année. Les greens ne sont donc pas très verts.

Mais les choses évoluent. La Fédération Française de Golf a prolongé sa collaboration avec les ministères de l’Ecologie, de la Santé et des Sports en signant la charte « Golf et Environnement » en septembre 2010, charte qui vise à préserver les ressources en eau et la biodiversité dans les golfs.

Parmi les principaux objectifs : réduire de 30% en trois ans le volume d’eau actuellement utilisé provenant des réseaux d’alimentation en eau potable. Pour cela, plusieurs actions ont été mise en place : le choix de gazons plus résistants et moins gourmands en eau, l’utilisation de matériel d’irrigation différent de l’aspersion traditionnelle, la réutilisation des eaux usées comme source d’arrosage… Autre enjeu : réduire l’impact sur l’eau des produits phytopharmaceutiques utilisés pour l’entretien des terrains.

A Dinard, en Bretagne, les parcours sont par exemple entretenus sans produits chimiques. L’eau est issue des eaux recyclées de la station d’épuration de St Brieuc et les engrais sont des granulés venants de fientes d’oiseaux. A Guyancourt (Yvelines), des bactéries se chargent des déchets organiques des greens. Aucun pesticide n’est utilisé pour entretenir les étangs.

En juin 2010, le golf Jacques Laffite Dijon Bourgogne a été le second -après le golf d’Evian- sur les 550 terrains recensés en France à signer la Convention Authentis, notamment axée sur l’utilisation de fertilisants et biostimulants d’origine naturelle. « Depuis 2006, nous avons cette volonté d’être en gestion raisonnée, expliquait Denis Liébé, directeur du golf, en juin 2010 au « Bien Public ». Nous arrosons la nuit et seulement sur les cent premiers mètres de chaque trou. Seules les zones de jeu sont arrosées. Nous avons aussi installé des bassins de rétention, pour capter l’eau l’hiver et l’utiliser l’été. Enfin, nos engrais sont 100 % bio. »

Cette année, le golf de Téoula à Toulouse a été le premier à recevoir le label « Golf éco-durable » créé par Ecocert en février 2011. Une dizaine de golfs ont déposé leur dossier pour obtenir ce label qui valorise les pratiques durables dans la gestion des espaces verts de golf. Parmi les bons points à Toulouse, 80% de la surface du golf n’est pas arrosée, les quantités d’azote utilisées ont diminué de 45%, 80 % de la surface ne reçoit aucun traitement herbicide, etc. Des abeilles ont même choisi le site pour produire des essaims.

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