La goélette Tara s’aventure en Arctique

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A peine rentrés, déjà repartis… Les océanographes de la goélette Tara viennent de larguer les amarres. Nommée Tara Oceans Polar Circle, l’expédition s’aventure cette fois dans les mers de l’océan Arctique. L’objectif ? « Conclure l’aventure et la recherche effectuée sur les divers océans de la planète». Les points clés de cette expédition inédite.

 

 

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Le défi de la glace : De la Russie au Canada, en passant par l’Alaska et le Groenland, le bateau océanographique fera en 7 mois le tour complet du pôle Nord. Ce passage, encore peu emprunté, est désormais accessible pendant la fonte estivale de la banquise arctique. Une toute petite fenêtre d’accès qui ne laisse aucune place à l’imprévu. Les marins sont dans l’obligation d’atteindre la porte de sortie à la date prévue. D’après Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions, jusqu’ici seuls deux voiliers de plaisance ont réalisé ce parcours d’une seule traite. Il admet que le projet est audacieux « au milieu des plaques de glace dérivantes poussées par le vent ». L’équipage semble avoir prévu le coup en dotant la goélette d’une coque en aluminium censée résister aux conditions de navigation polaire. Mais en cas d’aléas, la seule solution sera le recours aux brise-glaces russes ou canadiens. La navigation reste également risquée en raison des conditions climatiques propres à l’Arctique : durant cette période, les températures varient entre -10°C et +5°C et les nuits claires s’installent 12h par jour dès septembre.

 

 

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Le contexte : L’Arctique est considéré comme l’un des « poumons » de la planète. Aucun prélèvement scientifique n’a encore été effectué sur cette nouvelle route maritime.  L’océan polaire est d’ailleurs le seul que Tara n’a pas encore exploré. Mais selon les scientifiques de l’expédition, l’urgence existe. D’après eux, « l’Arctique subit les effets des bouleversements climatiques plus intensément que partout ailleurs ». Si la fonte de la banquise en est le parfait exemple, la richesse de ce milieu (minerai, gaz, pétrole, pêches) risque d’accélérer les choses en attisant les convoitises des grandes puissances mondiales et des multinationales.

 

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La recherche : L’objectif de ces sept mois d’aventure scientifique est de compléter le butin de Tara. A savoir plus de 30 000 échantillons de plancton récoltés, de 2009 à 2012, sur tous les océans du globe. Au cours de ce périple, les scientifiques comptent en rassembler 5 000. Ce qui les intéresse avant tout ce sont les floraisons de phytoplancton en lisière de banquise. Les océanographes étudieront également, à bord des labos embarqués, les plastiques dérivant et dissous en Arctique ainsi que la couleur de l’océan, sa composition et les pigments de particules en surface. Le tout permettra aussi de comparer le contenu du plancton polaire avec celui puisé dans les divers océans de la planète.

 

 

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Tara en chiffres : 

– 25 000 km de navigation

– Une équipe de 15 scientifiques à bord du bateau

– Au total 53 chercheurs se relayeront durant les 7 mois d’expédition

– 5 000 seront récoltés

 

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Etudiante en dernière année à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Paris (ESJ), Marion est une grande passionnée de sport, voyages et découvertes. Après avoir travaillé en tant que reporter pour radio Africa n°1, Chérie Fm et France Bleu 107.1, elle rejoint Néoplanète. Jeune journaliste, Marion pige également pour Les Nouvelles de Versailles.