Giboulot relaxé : une victoire des vignerons anti-pesticides !

flickr-LaurentBrancaleoniEmmanuel Giboulot, ce viticulteur bourguignon qui s’était refusé à traiter ses vignes malgré un arrêté du préfet, a été relaxé jeudi par la Cour d’appel de Dijon, après une condamnation en première instance à une amende de 1000 euros dont 500 avec sursis.

Cette relaxe est une première en France contre « la pensée unique » sur les pesticides, comme le dit Emmanuel Giboulot, qui produit de grands vins en biodynamie. Désormais, il y aura un « avant » et un « après » ce jugement.

Si seulement ça pouvait faire bouger les choses dans un pays où on bat des records d’utilisation de produits chimiques : alors qu’elle ne représente que 3%  des surfaces agricoles, la vigne (non bio)  absorbe 20% des pesticides agricoles !

Jeudi à Dijon, le procureur avait réclamé la même condamnation mais la Cour a estimé que le caractère d’urgence invoqué par le préfet de Côte d’Or n’était pas démontré. Les faits l’ont prouvé par la suite. Les juges ont aussi invalidé l’arrêté du préfet obligeant les viticulteurs à traiter contre la maladie de la flavescence dorée car il n’avait pas été approuvé par le ministre de l’Agriculture.

Cette affaire illustre une prise de conscience de plus en plus grande de l’impact des pesticides sur la santé, à commencer par celles des viticulteurs. Et si le gouvernement (comme ses prédécesseurs), reste d’une grande timidité face à ces produits de synthèse, le mouvement commence à faire tache d’huile chez les viticulteurs eux-mêmes : 8% du vin français est bio et la progression est continue (3 fois plus en 5 ans), cette évolution étant aussi entre les mains des consommateurs.

Une pétition de soutien avait recueilli plus de 540 000 signatures, mais la profession viticole se serait bien passée de cette publicité, même si ses porte-parole en Bourgogne ont insisté sur  « la volonté de l’ensemble des acteurs impliqués de réduire au minimum le nombre de traitements insecticides, ainsi que la surface concernée ».

Lire « Coupable d’avoir refusé les pesticides sur ses vignes »

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.