Fukushima : quatre fuites radioactives en une semaine

Voilà plus de deux ans que la centrale de Fukushima a été dévastée par un séisme et un tsunami. Le temps passe et l’impression que la situation est hors de contrôle ne cesse de croître. Aux dernières nouvelles, trois des sept réservoirs seraient endommagés et permettent à beaucoup d’eau radioactive de s’échapper dans la nature.

©fotopediaQue s’est-il encore passé ? La situation s’aggrave encore à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, tristement célèbre pour avoir perdu le contrôle de la situation après avoir été ravagée par un tsunami doublé d’un tremblement de terre, le 11 mars 2011. La semaine dernière, deux fuites d’eau contaminée avaient déjà été repérées. Mardi, un troisième écoulement anormal s’est rajouté à la liste des problèmes. Preuve de l’incapacité de TEPCO, compagnie exploitant la centrale, à gérer les problèmes : la cause de ces fuites n’a toujours pas été élucidée. « Nous sommes pour le moment dans l’incapacité de dire si c’est ceci ou cela », a concédé un porte-parole. Hier, 22 litres d’eau très radioactive s’est échappée dans le sol  après une opération de pompage destiné à vider un réservoir souterrain en mauvais état.

Est-ce grave ? On sait que l’écoulement d’eaux radioactives provient des piscines contenant du combustible usé. Les déclarations de la direction n’ont rien de rassurant : « Nous n’avons plus confiance aux piscines souterraines », et « l’entreprise n’a pas suffisamment de citernes solides en construction pour accueillir l’eau des réservoirs souterrains. » Mardi, e ministre japonais de l’Economie, du commerce et de l’industrie a donc décidé de convoquer le patron de TEPCO pour l’obliger à trouver une solution radicale pour éviter que l’eau contaminée ne s’écoule dans l’océan. « Si ce genre d’avaries continue de se produire, le processus de démantèlement des réacteurs risque d’être affecté », a-t-il sévèrement fait savoir. C’était sans penser qu’une nouvelle fuite se produirait deux jours plus tard…

Comment résoudre le problème ? A l’heure actuelle, aucune solution n’a été trouvée.

©anticapitalistesPeut-on encore avoir confiance en TEPCO ? Le témoignage d’un ex-employé de TEPCO, publié dans les colonnes du Monde, révèle bien l’impasse dans laquelle s’engouffre de plus en plus la centrale. La compagnie «minimise les chiffres (de radiations, ndlr), afin que l’on reste le plus longtemps possible dans le bâtiment », avoue-t-il. Un autre employeur ajoute : « Quand je participais aux travaux de décontamination, je comparais le niveau de radiations entre ce qu’affichait le poste de surveillance et le dosimètre que je portais sur moi. Il était beaucoup plus faible. Quand je l’ai dit au staff de TEPCO, ils m’ont répondu que le poste était à plat de batterie. » On « nous a trompés […] Même des élèves de primaire savent que TEPCO ment toujours ». Des révélations qui laissent sceptiques sur une sortie de crise à Fukushima. Pire même, on se demande si la situation ne risque pas de dégénérer.

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Après un passage à Paris-Normandie et au service politique de Nord Éclair, Grégoire Gantois, étudiant en journalisme à l'ISCPA, s'intéresse aujourd'hui à l'actualité écologique et environnementale à Néoplanète.