Oui il fait froid… parce qu’il fait plus chaud !

Public Domain CC0Un mois de mai aussi frais en France, il faut remonter à 1991 pour en trouver un  semblable, foi de Météo France. Froid persistant, records de pluie, nappes phréatiques près de déborder, soleil en manque…  et cela depuis janvier : l’hiver le plus long.

Alors qu’il fait chaud un peu partout dans le reste du monde, la situation en France et en Europe de l’ouest est qualifiée d’exceptionnelle par les spécialistes : l’ensoleillement connaît des déficits de 20 à 40%  et les températures se situent à 6°C voire 8° en dessous de la normale dite saisonnière. Nombre de fleuves et de rivières sont en crue, ce qui est rarissime en cette période de l’année. Et c’est encore pire dans certains pays comme la Grande-Bretagne et l’Irlande.

 

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Côté précipitations, la  pluie a battu des records avec des inondations anormales en mai et des nappes phréatiques désormais bien rechargées et qui ont presque toutes atteint leur niveau le plus élevé grâce aussi à un ciel bouché qui limitait l’évaporation. Au moins une bonne nouvelle pour les réserves d’eau.

Les coupables : la banquise et l’anticyclone des Açores

Ne riez pas, c’est bien le réchauffement climatique qui est à l’origine de ce dérèglement. Et en particulier du côté de l’océan Arctique dont la banquise a fondu l’été dernier encore que d’habitude. En fondant si vite et si fort, la banquise agit comme un climatiseur géant sur la circulation des masses d’air qui viennent se poser au-dessus de l’Europe de l’ouest.

Autre coupable qui ne nous a pas habitués à ça : le fameux anticyclone des Açores. Il s’est installé au beau milieu de l’Atlantique et comme il stationne depuis près d’un mois contrairement à son habitude, il ne joue plus son rôle qui consiste à contrarier l’air froid du pôle nord lequel a toute latitude pour rester chez nous. Résultat : le printemps le plus froid depuis 1987.

Et alors que chacun se jette sur les sites météo qui n’ont jamais connu une telle fréquentation, la tendance globale au réchauffement se poursuit, ce que le prochain rapport des experts mondiaux du climat (le GIEC) confirmera à l’automne. D’ailleurs, on ferait mieux de parler de « dérèglement climatique » : car même si réchauffement il y a et plus rapide que prévu, le résultat n’est pas forcément qu’il fait plus chaud dans l’immédiat mais que le temps se détraque.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.