France : les colis arrivent à vélo

Lu sur reportersdespoirs.org avec nos remerciements.

A Paris, 90 % des livraisons de marchandises ont été faites à bord d’un fourgon ou d’un poids-lourd en 2007, contre 100 % en 2001. Six années  au cours desquelles des modes de transport alternatifs se sont développés, visant à réduire ce trafic peu rentable pour les entreprises et, en outre, source de pollution et d’embouteillages. Une pionnière parmi eux : « La petite reine », lancée à Paris en 2001 par Gilles Manuelle. A bord de tricycles adaptés, cette entreprise a livré un million de colis dans quatre villes françaises en 2008.

Colis
Creative Commons License photo credit: JackSim

Sites de l’action : Paris, Bordeaux, Rouen, Dijon (France)

Dans les rues commerçantes, un véhicule sur quatre est un livreur
En 2007, les flux annuels de marchandises livrées sur Paris sont estimés à 31,5 millions de tonnes. 90 % de ces marchandises entrent dans la capitale par la route, générant un trafic important : dans certaines rues commerçantes, les livreurs représentent 20 % des véhicules.
Cependant, entre 2001 et 2006, le nombre des poids-lourds circulant dans ces mêmes rues commerçantes a diminué, favorisant l’utilisation de fourgons (66 %) ou de véhicules légers (10 %) (source : « Le bilan des déplacements à Paris » années 2001, 2006 et 2007, mairie de Paris).
Des années qui ont ainsi connu le développement de modes de transports alternatifs, comme « La petite reine ». L’objectif de cette entreprise : rendre le transport de marchandises plus efficaces et moins polluant, en proposant un dispositif logistique écologique adapté aux contraintes et aux exigences des centres-villes.

Une flotte de tricycles électriques pour livrer en centre-ville
Créée en 2001 à Paris par Gilles Manuelle, « La petite reine » est une société de livraison de marchandises en ville pour le compte d’entreprises de transport et de distribution. En 2009, elle est présente dans quatre villes françaises : Paris, Bordeaux (depuis juin 2005), Rouen (depuis octobre 2006) et Dijon (depuis février 2007).
« La petite reine » travaille selon une logique de mutualisation des flux de marchandises. D’habitude, les entreprises de fret possèdent des centres de traitement à l’extérieur des villes, d’où elles envoient des fourgons pour des tournées de livraison aux destinataires finals. Plusieurs fourgons sillonnent ainsi la ville sans exploiter tout leur potentiel de charge. C’est pourquoi, quand « La petite reine » s’installe dans une ville, elle pose comme condition préalable la création, par la collectivité locale, d’un Espace logistique urbain (Elu) dans le centre-ville. Dans ce lieu sécurisé, placé dans un parking au sous-sol ou au rez-de-chaussée, « La petite reine » accueille de 6h à 20h les livraisons des entreprises de fret. Selon une logique de massification des flux, elles lui envoient des fourgons remplis au maximum. Sur l’Elu, les colis sont réorganisés selon leur destination, pour être ensuite chargés sur des « cargocycles » équipés et partir pour leur destination finale.
Ces « cargocycles » sont des tricycles propulsés par assistance électrique et dotés d’un coffre de 1 400 litres de volume, pouvant embarquer jusqu’à 180 kg de charge.  Ces véhicules, conçus par « La petite reine », d’une valeur de 6 000 € HT,  disposent d’une autonomie de 30 km, suffisante pour une journée de livraison. A cette flotte de 60 « cargocycles » s’ajoute, en 2009, d’un véhicule électrique dédié au transport de palettes et gros colis (site de Bordeaux).
L’originalité de la démarche de « La petite reine » a attiré l’intérêt des pouvoirs publics. Entre 2003 et 2005, la ville de Paris a été partenaire de l’entreprise pour une étude de faisabilité, de suivi et d’évaluation. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a financé 50 %  de cette étude.

Un millions de colis livrés dans quatre villes françaises
En 2009, « La petite reine »  emploie 50 salariés et travaille pour 2 500 clients : entreprises de transport (DHL, La Poste, Ciblex, Chronopost, Exapaq, TNT), de distribution (AR Ecofournisseur, Brasserie Greff, Bellamy) et de commerçants (La vie claire). Elle a transporté plus d’un million de colis courant 2008, soit dix fois plus qu’en 2004.
Fin 2008, l’entreprise annonce un chiffre d’affaires d’1,3 M€ et ouvre sa première franchise à l’étranger (en Suisse, à Genève, avec six véhicules).
« La petite reine » est lauréat 2003 du prix de la Fondation Vivendi pour l’environnement.

Partenaire : La Nef
Contact
Nom : Gilles Manuelle
Fonction : Gérant de « La petite reine »
Téléphone : +33 2 37 83 66 57
E-mail : contact@lapetitereine.com

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