Forêt amazonienne : barrage au pétrole

Au Pérou, le programme de reforestation mené par Pur Projet vient aussi en aide à des populations indiennes menacées par des projet d’exploitation pétrolière.

En quechua, Alto Shamboyaco signifie « les eaux sombres ». A première vue pourtant, rien ne semble pouvoirtroubler la quiétude de ce petit village de producteurs de café du nord péruvien. Perché sur une colline de terre rouge dominant la forêt amazonienne,  Alto Shamboyaco vit et respire au rythme de la nature. Pourtant, ses six-cent habitants sont bel et bien menacés. Dans la région, la compagnie franco-britannique Perenco nourrit un rêve d’or noir : construire un immense oléoduc pour acheminer le pétrole détecté dans les sous-sols jusqu’à la cote pacifique.

En 2009, le gouvernement péruvien, alléché par ces précieuses ressources, avait adopté des décrets permettant à l’entreprise de s’installer sans entraves sur les territoires de natifs qui risquent de perdre leurs terres et leurs eaux propres. De quoi susciter une vaste mobilisation dans le nord du Pérou. Pendant 21 jours, plus de 3000 Indiens avaient marché et bloqué des routes, avant l’intervention des forces de l’ordre le 19 juin 2009, à Bagua, faisant 34 morts et des dizaines de blessés.
Aujourd’hui, le projet est suspendu, mais les natifs restent mobilisés. Le programme de reforestation engagé dans le village par Pur Projet avec le soutien de la coopérative de commerce équitable Oro verde, redonne espoir aux villageois. « La reforestation, via la vente de crédits carbone, nous apporte des  ressources supplémentaires, qui vont nous aider dans notre combat juridique », explique Bolmer Salas Salas, chef du village d’Alto Shamboyacao, qui fut l’un des quatre leaders de la révolte de Bagua. A ce jour près de 20 000 arbres ont déjà été plantés dans le village. « Cela montre aussi qu’il existe une alternative de développement à l’exploitation pétrolière », ajoute le fondateur de Pur Projet, Tristan Lecomte. Qui rappelle que près 40% de la forêt amazonienne ont déjà été concessionés par des Etats peu scrupuleux. Et que 30% risquent encore de l’être.

Article faisant suite au reportage au Pérou dans Néoplanète n°18.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone