Le courant passe avec la flore

Des espèces rares fleurissent sous les lignes à haute tension en Ile-de-France…

Des espèces rares fleurissent sous les lignes à haute tension en Ile-de-FranceC’est une balade inattendue: à Marolles-en-Brie (Val-de-Marne), pour voir des plantes rares, il faut s’aventurer dans les mares et les fourrés qui tapissent le sol sous les lignes à haute tension. Là, débarrassées des arbres qui les privent de soleil, les petites plantes sont à leur aise. RTE, le réseau de transport d’électricité propriétaire de la ligne de 225.000 volts entre Morbras et Villeneuve-Saint-Georges, a voulu mieux connaître les espèces qui profitent de l’élagage régulier autour des pylônes.

Le polygala chevelu a réapparu

Depuis trois ans, Clémence Salvaudon, chargée d’études au Conservatoire botanique national du Bassin parisien (un des laboratoires du Muséum national d’histoire naturelle), inventorie la flore sous les 330 km de couloirs électriques de la région se situant hors zone urbaine ou agricole. Les résultats, révélés aujourd’hui, sont étonnants : 716 espèces de plantes ont été identifiées, soit près de la moitié de toutes celles qui vivent en Ile-de-France.

C’est pour éviter que des arbres ne s’abattent sur les lignes à haute tension lors de grands coups de vent que RTE coupe régulièrement les branches envahissantes. Et les plantes en profitent: «Ces tranchées ouvertes deviennent des milieux de substitution pour la flore de prairie ou de pelouse, qui, elles, ont tendance à disparaître avec l’urbanisation et l’agriculture intensive», explique Clémence Salvaudon. Si la plupart des plantes recensées sont des espèces courantes, certaines ont créé la surprise: «Ici, à Marolles, il y a une dizaine de mares sous les lignes où nous avons trouvé de l’utriculaire citrine, une petite plante carnivore à fleurs jaunes qui est protégée en Ile-de-France, poursuit la botaniste. Nous avons également découvert à Féricy (Seine-et-Marne) du polygala chevelu, une plante qui fait de petites fleurs violacées que l’on n’avait pas vue depuis les années 1960.»

 

En page 2 : Des méthodes plus écolos


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