FIPA 2016 :

3 films qui donnent envie de se révolter

Le 29e Festival international de programmes audiovisuels s’est achevé le 24 janvier à Biarritz. Comme chaque année, Néoplanète est allé visionner en avant-première les films qui interrogent sur le sort de notre planète.

Poignant

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Le film commence par des chants et des danses traditionnels, au milieu d’une forêt où vit une petite communauté autochtone isolée du nord de l’Australie. Quelques secondes plus tard, les mêmes chants et danses, mais en ville, habillés de techno, dans une discothèque improbable, sous les spots rouges, les boules à facettes et les vapeurs de mauvais alcool. Des images qui mettent à jour le contraste et la perte de repères de ces indigènes voués à disparaître, bien aidés en cela par un gouvernement australien peu regardant de leur sort. David Gulpilil expose les ravages de la colonisation blanche sur une civilisation aborigène millénaire en train de disparaître. Il tente de dépasser les barrières entre cultures blanche et indigène pour donner voix à ce peuple nomade chez qui tout est fondé sur le partage, mais administré par un gouvernement qui bafoue ses traditions.

Molly Reynolds, Vertigo Productions, 1h15.

Révoltant

thumb_15808_picture_program_bigBehemoth. Le Dragon noir

Gros plan sur une carrière en Mongolie, plan fixe qui interpelle. Paysage lunaire, traversé de lignes électriques, et soudain une explosion. Fumées blanches, grises, orangées, et tout s’éclaire. Une exploitation minière comme il y en a tant en Mongolie. De ses plaines verdoyantes défigurées par les mines et les machines, de ses hommes éreintés, opérateurs de foreuse, ombres qui trient le charbon et la roche, condamnés à mort par la poussière, finissant misérablement leur vie à l’hôpital. Charbon et minerais transportés par camions vers les usines, fer en fusion, une longue chaîne de destruction durant laquelle l’homme se nourrit d’un enfer d’artifices, installe des villes laides, vides de nature et d’humanité.

Zhao Liang, INA, 1h30.

Inquiétant

Cargos : la face cachée du fret

Après avoir traversé les mers, près de 90% de ce que nous consommons provient de l’étranger. Au cœur de la mondialisation, le transport maritime est devenu le secteur d’activité le plus important au monde. Mais à quel prix ? Une enquête dans les coulisses du fret, avec ses enjeux économiques, sociétaux et écologiques : les pétroliers sont responsables de 2,5 % de la pollution des mers provoquée par des marées noires, de l’extinction de milliers d’espèces aquatiques, de 4% du réchauffement global… Car le carburant bon marché brûlé par un seul de ces monstres des mers libère la même quantité de soufre qu’environ 50 millions de voitures ! Un bilan alarmant, servi par Denis Delestrac, déjà à l’origine de « Nature, le nouvel eldorado de la finance ».

Denis Delestrac, La Compagnie des Taxi-Brousse, 1h.

Cargos

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Jean-Michel Véry

Guitariste, compositeur, après dix ans de bons et loyaux services auprès de musiciens comme Andy Chase, Laszlo de Trèbes ou Vivien Savage, il débranche pour le journalisme et collabore avec L’Optimum, Le Figaro, Politis… Un père anglais et une mère égyptienne, aux ascendances touaregs, lui confèrent génétiquement le goût du voyage. Il signe régulièrement la rubrique « tourisme » pour Néoplanète.