Interdiction de l’éclairage nocturne des commerces : Une mesure lumineuse ?

Ian MuttooA partir du 1er juillet, les commerces devront éteindre leurs lumières dès 1h du matin pour réaliser des économies énergétiques et financières. Une mesure qui ne fait pas l’unanimité.

 

 

Plus d’enseignes publicitaires éclairées de 1h à 6h du matin. Telle est la décision suite à un arrêté, annoncé en décembre dernier par Nathalie Kosciusko-Morizet. Il tend à interdire l’éclairage des vitrines et l’intérieur des « bâtiments non résidentiels », à savoir les bureaux, commerces ou hôpitaux.

La mesure est particulièrement destinée aux grandes villes et aux agglomérations, reines des Watts. Déjà, plus de 3000 communes de petites tailles ont banni l’éclairage nocturne. Un éco-geste encouragé par la subvention mise en place en février par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Au total : 20 millions d’euros ont été dégagés en faveur des communes de moins de 2000 habitants prêtes à réduire leur consommation.

Ce virage écologique n’est pas accueilli par tous de façon positive, à commencer par les professionnels du tourisme et du commerce. Interrogé par Le parisien, Claude Boulle, président de l’union des commerces de ville, a indiqué qu’il « espérait qu’il y aurait certaines dérogations pour des zones géographiques ou pour les périodes de Noël par exemple ». La question de la sécurité a également été soulevée.

Économiser l’énergie durant la journée pourrait s’avérer être une solution à cette dissension. La mise en place de détecteurs de présence ou de machines faisant varier la lumière en fonction de l’éclairage extérieur répondrait à cette exigence.

Dans ce sens, les professionnels se concentrent uniquement sur la réduction de la facture énergétique, sans prendre en compte l’aspect nuisible des éclairages. Chauves-souris, oiseaux migrateurs, insectes de nuit… tous doivent s’adapter pour se déplacer, victimes de la lumière artificielle. Notre corps humain aussi est fragilisé, comme en atteste l’étude en 2005 des chercheurs de l’université de Toronto qui souligne les effets (méfaits) de la lumière sur notre sommeil (développement plus rapide de certains cancers, diabète, dépressions…).

Pourtant, la dite facture n’est pas moindre. L’arrêté permettrait en effet d’économiser 170 millions par an.

 

 

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