Feu vert pour mines de fer au Groenland

Point_660_tas_terre_Inlandsis_Groenland_2009_Expédition_ACarréÇa y est, le Groenland a ouvert la porte à l’exploitation des ressources minières, une conséquence indirecte du changement climatique dont on aurait pu imaginer qu’il conduirait plutôt à mettre en œuvre le principe de précaution. 

Le Groenland a en effet autorisé, le 24 octobre dernier, une concession minière de 30 ans pour exploiter un immense minerai de fer situé à 150 km de Nuuk, la capitale de ce territoire autonome du Danemark. Une compagnie britannique, London Minning, pourrait ainsi extraire (grâce à des ouvriers chinois) quelque 15 millions de tonnes de minerai par an. Dans le même temps, le parlement a adopté une loi par 15 voix contre 14 autorisant l’exploitation de l’uranium, abrogeant l’interdiction en vigueur depuis 1988. Ce vote a provoqué la démission du parti Inuit du gouvernement que préside Mme Alega Hammond, laquelle veut transformer son petit pays en « grand exportateur d’uranium ».

Peuplée de 56 000 habitants, le Groenland est une île qui vit essentiellement des subventions du gouvernement danois. L’exploitation du sous-sol – hydrocarbures compris – vise donc à lui donner les moyens de son développement économique. Mais le prix à payer environnemental pourrait être considérable, compte tenu de l’isolement du Groenland, des difficultés d’exploitation et des risques élevés de pollution.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.