Feu vert d’Arnaud Montebourg pour une mine d’or en Guyane

Orpeillage en GuyaneLe permis d’exploitation d’une mine d’or en Guyane, accordé fin 2012 à la société française Rexma par Arnaud Montebourg, soulève de nombreuses protestations des associations de protection de l’environnement, du Parc national et des élus guyanais.

 

Ce permis d’exploitation aurifère – tout près du village de Saül, dans un secteur limitrophe du Parc amazonien de Guyane – a fait l’objet d’un arrêté d’autorisation signé par le ministre du Redressement productif, publié le 11 décembre au J.O.  Trois grandes organisations écologistes – France Nature Environnement (FNE), le WWF et la Fondation Nicolas Hulot (FNH) réclament l’annulation de cet arrêté tandis que Guyane Nature Environnement (GNE) étudie une éventuelle action judiciaire.

Village de Saül

Selon l’association guyanaise, l’arrêté est contraire à la loi sur les parcs nationaux, laquelle instaure « une solidarité écologique entre la zone cœur et les zones d’adhésion d’un parc national, et interdit toute activité pouvant menacer l’une par l’autre ».  Or le village de Saül se trouve dans la zone d’adhésion libre du parc et ses habitants craignent une pollution de l’eau dans la zone « cœur » du Parc. FNE et FNH s’inquiètent  des atteintes potentielles à la biodiversité et « des conséquences majeures (de l’exploitation) sur le Parc : mise en suspension des sédiments, pollution au mercure, altération de la faune piscicole et des chaînes alimentaires, conséquences sanitaires ».

Saül, village d’une centaine d’habitants à 180 Km au sud de Cayenne, ne vit plus de l’or depuis un demi-siècle mais de l’éco-tourisme. Ses habitants ont l’impression de revivre une histoire qu’ils croyaient oubliée depuis que le Schéma départemental d’orientation minière (Sdom), interdit définitivement l’exploitation minière sur leur territoire à partir du 1er janvier 2012. Mais la demande d’exploitation de Rexma remonte à 2009.

Rue-piste de Saül

Demandé une première fois en 2005, le permis de recherche avait reçu un avis négatif de la commission des mines et du préfet de Guyane en 2006, mais il avait été accordé  par le ministre de l’Industrie de l’époque, François Loos, actuel président de l’ADEME. Mais il s’agissait d’un permis de recherche et non d’exploitation, comme c’est le cas aujourd’hui.

Outre les ONG, le Parc amazonien de Guyane a réaffirmé son opposition à l’ouverture de cette mine ainsi que plusieurs élus, députée, sénateur et président de Région. Une pétition est en ligne.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.