Femmes SDF, une réalité discrète

Chaque 31 mars sonne l’heure de la fermeture des hébergements d’urgence pour les sans domicile fixe (SDF). Cette année encore, un grand nombre de SDF se retrouvera à la rue. Pour les femmes concernées, le problème est plus grand encore.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Violences physiques et sexuelles, difficultés d’obtenir des contraceptifs, risques de grossesse… Les femmes SDF font face à de grandes difficultés. A cause de ces risques, elles tendent à rester plus discrètes, et donc moins visibles au grand public. Difficile alors d’avoir pleinement conscience de la situation, pourtant les femmes représentent environ un quart de cette population !

Ce voile d’invisibilité a été quelque peu déchiré par le réalisateur Eric Guéret, dans son documentaire de 2007 « Femmes sans domicile » (France 5). Il y suit plusieurs femmes SDF dans leur vie quotidienne. Extrait vidéo :

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Comment se retrouvent-elles à la rue ? Pour le réalisateur, « le manque de logements n’est pas la raison principale ». La cause remonte souvent à des problèmes plus intimes du passé : enfances difficiles, abandons, abus… « Leur principal problème, c’est qu’elles n’existent pas », ajoute-t-il.

Il a remarqué qu’un grand nombre de ces femmes souffrent de troubles psychiatriques. « Les asiles ont peu à peu fermé en France, et les hôpitaux sont bondés. Il n’existe plus assez de structures pour ces femmes dont la santé mentale les rend encore plus fragiles ».

Autre constatation : elles sombrent dans l’alcool, qui les affaiblit plus encore que le froid durant l’hiver.

Des aides pour les protéger

L’association Femmes SDF, à Grenoble, est l’une des rares à s’occuper de la population féminine des rues. Elle a notamment créé en 2004 le ‘Local des Femmes’, « un lieu de protection où les femmes viennent se poser, discuter, se faire du bien, réapprendre les rituels du quotidien. Un lieu qu’elles peuvent s’approprier : une occasion pour elles, avec le temps, de reprendre possession de leur propre vie », précise le site de l’association.

Une pétition circule actuellement pour réagir contre la fermeture, ce 31 mars, du seul centre d’hébergement d’urgence du Samu social dédié aux femmes à Paris. Pour la signer : www.cauchemardefemme.fr

 

 

© Photo : jimforest/Flickr

 

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