Femmes en colère au Sommet de le Terre

femmes manifestant pour l'égalitéLe 18 juin dernier, des milliers de brésiliennes ont manifesté dans le quartier d’affaire de Rio contre la vaste supercherie qu’est « l’économie verte » débattue au Sommet de la Terre. Une occasion pour elles de réclamer plus d’égalité homme-femme, sujet tabou au Brésil.

Du haut d’un camion, on entend au mégaphone : « Cette marche est une marche de femmes de la ville et de la campagne contre cette farce qu’est Rio+20! Non au capitalisme vert! Oui à l’économie solidaire, oui à la souveraineté populaire! »

La colère des femmes gronde

Leur premier grief : l’économie verte, qu’elles voient comme du capitalisme déguisé, alors qu’elles souhaiteraient une meilleure redistribution des richesses, surtout au Brésil où de plus en plus de femmes seules assurent la charge financière du foyer. Le problème ? Les paysannes et brésiliennes noires sont payées un tiers d’un salaire d’homme !

Le second point de désaccord concerne la condition féminine. Violences conjugales et policières, harcèlement moral et sexuel, viols, prostitution des jeunes filles, non accès à la justice… au Brésil, les femmes vivent le pire. « On est dans la rue pour donner de la visibilité à notre lutte mondiale pour la fin de la violence contre les femmes, la paix et la démilitarisation, l’accès aux biens communs et l’autonomie économique des femmes, explique Célia Alldridge, secrétariat de la Marche des femmes, à l’AFP. Au Brésil s’ajoute la lutte pour la dépénalisation de l’avortement. »

Il faut dire que la route vers l’égalité est longue, car ce n’est qu’en 2001 que la justice a commencé à réformer certaines lois sexistes datant de 1916, sans pour autant mettre fin à toutes les aberrations. Car au Brésil, une femme violée est jugée seule responsable, puisqu’elle tente l’homme et le séduit.

Un mouvement qui soulève une série de points sombres sur la politique du pays et dont les trafiquants internationaux se seraient bien passés.

 

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Après un an passé en Irlande où elle obtient son bac à lauréat, elle revient en France où elle suit une année de lettres modernes à la faculté de Bordeaux. Depuis 2011 elle suit une formation de journaliste à Paris.