Extramuros fait tomber les murs

_MG_9370En proposant de recycler les déchets ou chutes des entreprises, Extramuros s’est engagé dans une activité économique créative mais aussi sociale, grâce au recrutement d’une vingtaine de personnes éloignées de l’emploi.

Née d’une indignation face au gâchis d’objets, de ressources naturelles et de ressources humaines, la société Extramuros voit le jour en 2008. Deux artistes, Isabelle Pujade et Rosanna del Prete, s’associent à Jean-François Connan, un entrepreneur engagé dans l’insertion, le handicap et la diversité. Ensemble, ils partagent une passion des matières et la conviction que les métiers manuels, artisanaux et d’art sont porteurs d’avenir.

L’entreprise, installée sur un site de traitement de déchets, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), accueille un atelier de menuiserie et une activité couture. Les trois associés sont mus par une même conviction : « La matière a de la valeur, même lorsqu’elle est considérée comme un déchet, explique la directrice actuelle, Hélène Gounot. Elle a une histoire, une patine. » Ici, les employés collectent les matériaux, les nettoient, dessinent, découpent, assemblent. Ainsi, Extramuros intègre la Poste à sa liste de clients— qui accueille également Veolia, Rothschild ou encore Technip. Le groupe lui confie ses 50 t de toile postale afin que la petite entreprise d’upcycling les transforme en accessoires ou bagagerie. Aux prémices, ces objets sont destinés aux postiers, avant d’être mis en vente sur le site de la Petite Fabrique postale. Les grands groupes ne sont pas les seuls concernés par l’upcycling. En effet, Extramuros s’adresse également aux mairies ou à des PME déjà engagées « pour qui acheter à Extramuros est un signe de distinction, de cohérence », explique Hélène Gounot.

La société fabrique des objets uniques, réalisés en Ile-de-France, à partir de bois, de métal, de cuir ou encore de textiles. Ainsi, le parquet de chêne devient table, la poutre se fait armoire, les lattes de sommier deviennent porte-manteau et, comme la toile postale, les voiles de bateau, bâches publicitaires ou encore uniformes remisés renaissent sous forme de bagagerie. L’idée étant de prolonger les cycles de vie de ces matières premières et de leur chercher de nouvelles perspectives, avant d’être à nouveau recyclés lorsque le temps sera venu.

Promouvoir l’artisanat

Parallèlement aux matériaux de récupération et déchets de production, des supports neufs sont parfois ajoutés aux productions, comme le bois, certifié FSC (NDLR : label de gestion durable des forêts), afin de conserver une harmonie entre la matière première, recyclée, et les produits complémentaires.

Afin de réaliser ces transformations, Extramuros a engagé des responsables d’atelier, des créateurs designeurs ainsi que des spécialistes du travail du bois et du métal. Pour Hélène Gounot, « les métiers de l’artisanat et de la création doivent être promus en France ». C’est pourquoi, conventionnée par l’Etat, la société s’est engagée dans l’insertion. « Nul n’est inemployable, l’entreprise peut être un outil formidable d’inclusion sociale », clame-t-on à Extramuros. Depuis 2008, 19 personnes ont été embauchées en contrat de travail de droit commun. Une manière de lever les freins à l’emploi, avec un objectif affiché : permettre à des personnes éloignées du monde du travail de se remettre dans le bain, en leur proposant une formation et un poste.

D’ici trois ans, Extramuros entend multiplier par 3 son chiffre d’affaires et en faire de même avec le nombre de postes en insertion, passant de 5 à 15.

Effectif :14 personnes.
Chiffre d’affaires :320 000€ en 2013.
Siège :Gennevilliers (Hauts-de-Seine).
Prix : à partir de 12 €, pour les particuliers, uniquement sur le site de la Petite Fabrique postale.

Article paru dans Le Parisien du 17 mars 2013

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Après des études de journalisme à Paris et Dublin, Julie s'est lancée comme correspondante pour des sites d'informations québécois, couvrant l'actualité française. En 2013, elle revient sur les bancs de Néoplanète, qu'elle avait déjà arpentés quelques années plus tôt. En parallèle, elle cultive son blog, consacré au voyage.