Exposition « Recyclé / Sublimé » à Paris

Du 12 janvier au 26 mars, l’expo « Recyclé/Sublimé » met en scène deux surprenantes séries, issues notamment des voyages à travers le monde de Pascale et Thierry Nivaux.


Pour elle, la nature est une madeleine de Proust, souvenir d’enfance. Ses sculptures sont végétales et éphémères, feuilles mortes ou brindilles se dressant pour défier la vie. Ses dessins sont empreints de fragilité et de profusion, libérant leur force à même le mur.

Pour lui, la photographie est plus qu’un acte du regard. Ses œuvres photographiques tendent à révéler des présences et à revisiter l’humanité, tels ses visages d’Eve et Adam photographiés à travers une véritable pomme comme simple appareil photographique.

Pascale et Thierry Nivaux exposent leurs œuvres à la Galerie du Centre Iris. Grâce à un scanner embarqué dans leur véhicule, ils ont capturé un univers végétal en noir et blanc où le vieillissement est une renaissance, mais aussi un monde industriel rebut de nos sociétés, aux couleurs altérées et aux formes écrasées.

Les images sont criantes de détails, de toucher et de lumière, tout cela dans une extrême minceur de champs et une absence de perspective. Autant les photographies peuvent sembler monumentales qu’elles montrent d’infimes détails.

Le Crushings

Cette série est un recyclage esthétique des objets du rejet. «Crushings» («écrasements») résulte d’un ramassage des rebuts de nos sociétés, qui retrouvent une seconde vie et une beauté dans la photographie.

Au cours de leur récent voyage en Afrique, Pascale et Thierry Nivaux ont glané canettes, bidons, boîtes de conserve, pots de peinture… Ceux-ci jonchaient les rues et les pistes, écrasés au gré du passage des véhicules, élimés par le sable et le temps, décolorés par le soleil.

Ils trônent seul dans l’image ou déclinés en série ou en motif… Toujours en grand format comme pour nous défier, nous consommateurs.



Sentiment végétal

Initiée dans leur atelier et développée aux cours de voyages, la série « Sentiment végétal » est le premier travail photographique issu de leur recherche. Choux, rose, fleur de courgette, mauvaises herbes, feuilles… Pas d’apriori.


Après de grandes collectes, le choix se fait avec le temps et le ressenti. Matière vivante, inexorablement, le végétal se transforme et vieillit. Ainsi, d’état en état, il libère les différentes beautés présentes tout au long de ses altérations. Entre les mains des artistes, nonchalant, il devient matière à image. Au contact de la plaque de verre du scanner, il s’opère alors une renaissance esthétique. Personnifié, le végétal se présente dans l’image toujours dans son intégralité, tel qu’il est déposé sur le scanner. Il rayonne dans le noir tel un bijou dans son écrin.

Centre Iris … pour la photographie
238 rue Saint-Martin – 75003 Paris. Tél. : 01 48 87 06 09. http://centre-iris.fr Du mardi au samedi, de 14h à 19h. Entrée libre

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