Témoignages : Etre végétarien en Afrique

A l’occasion du Paris Vegan Day (les 1er et 2 octobre) et des Journées Mondiales Végétariennes (du 1er au 8 octobre), Green et Vert et Néoplanète sont partis à la rencontre de végétariens et végétaliens du monde entier. Pourquoi sont-ils devenus végétariens ? Est-ce facile au quotidien ? Découvrez leurs témoignages. Aujourd’hui, direction l’Afrique. Propos recueillis par Sonia Eyaan.

Philomène Luyindula, congolaise qui vit en Afrique du Sud

Je suis devenue végétarienneà l’âge de 17 ans lorsque que j’ai commencé à cuisiner car j’avais du mal à préparer de la viande et du poulet. Rapidement, j’ai constaté que je redécouvrais beaucoup de légumes, comme les choux de Bruxelles, que je n’aimais pas quand j’étais petite. Pour l’anecdote, comme quand les fumeurs arrêtent la cigarette et apprécient davantage les aliments qu’ils mangent, en arrêtant de manger de la viande, j’ai constaté que mes papilles gustatives fonctionnaient mieux.

Côté alimentation, je mange beaucoup de soja, des haricots et des lentilles, du thon en boite et des  œufs. J’adore les sushis et les betteraves. Les Sud-africains raffolent des barbecues, en conséquence, les quelques restaurants végétariens ne restent pas ouverts très tard ! Cependant, on trouve toujours une pizza, une salade ou un autre plat végétarien sur les menus des restaurants traditionnels. Reste qu’au quotidien, il faut trouver le temps de se faire à manger !  Le matin et  le midi je mange généralement ce que je trouve, tandis que le soir je prends soin de moi et de ma fille de 11 ans qui elle mange de la viande.

Au niveau de ma vie sociale, je crois que les gens pensent que chacun fait ce qui lui plait ! Certaines de mes amis font  même un énorme effort pour me faire un excellent plat végétarien quand elles m’invitent. En fait, on est souvent très gâté quand on est végétarien… Petit conseil pour les végétariens en herbe : faire les courses pour ne jamais être pris de court. Et prévoir un petit quelque chose au cas où vous êtes invités chez une personne qui ne vous connait pas bien.

Etienne et Nelly, couple franco-américain qui vit à Kinshasa

Il y a 5 ans, je me baladais dans la rue et suis tombé sur un stand d’information sur l’industrie laitière. J’étais à l’époque un gros consommateur de laitages animaux en tout genre. Je découvrais, avec stupéfaction, qu’un grand nombre d’études scientifiques démontraient que la consommation de lait de vache était mauvaise pour la santé humaine. Mes parents, mes médecins m’auraient-ils menti? Ou étaient-ils mal informés?

Je décidai de m’atteler à résoudre cette énigme. Pour ce faire j’ai lu les grandes revues médicales internationales (ex: American Journal of Clinical Nutrition). Leurs conclusions étaient sans appel: le lait augmente les risques de cancers, favorise l’ostéoporose, et contribue aux maladies cardiovasculaires…Comme dirait l’autre, “les bras m’en tombaient” !

Mais au delà du lait de vache, je lus aussi des études sur les produits animaux de façon générale et je compris vite qu’il était non seulement possible mais également recommandé pour ma santé de réduire mes apports en protéines animales. D’autre part, en tant qu’écologiste convaincu, j’ai également compris que la réduction de la consommation de viande au niveau mondial était un levier extrêmement puissant pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

J’ai donc progressivement réduit ma consommation de produits animaux (viande, poissons, fruits de mer, oeufs, produits laitiers) jusqu’à les supprimer totalement de mon alimentation. Je tiens à signaler qu’avec ce nouveau régime, j’ai perdu mon surpoids et j’ai réalisé de réelles économies sur mes dépenses alimentaires. Avec une partie de ces économies, j’ai pris quelques cours de cuisine végétale à Paris au Gentle Gourmet. J’ai remis au goût du jour des aliments délaissés par la gastronomie moderne comme l’épeautre et les lentilles.

Ma femme a suivi le même cheminement et nous avons aujourd’hui le même régime alimentaire, dit “végétalien”. Nous vivons actuellement au Congo et ce n’est pas dur d’y être végétalien. Nous achetons surtout des fruits et des légumes locaux en respectant les saisons : papaye, mangue, oranges, choux, tomates, avocats, plantains…Nous allons aussi dans des restaurants indiens et libanais car ils regorgent d’options végétariennes dans leurs menus.

Alors un bon conseil: si vous voulez perdre du poids, faire des économies, améliorer votre santé, réduire votre impact carbone et promouvoir un monde plus équitable, bref vous sentir mieux dans votre peau, remplacez vos protéines animales par des protéines végétales et entrez dans le monde des saveurs durables.

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