Etes-vous green-névrosé ?

En attendant que le mouvement débarque vraiment chez nous et qu’on trouve des écopsy à tous les coins de rue, voici quelques trucs pour vous débrouiller seul. Avec deux séances par semaine pendant dix à vingt ans, vous vivrez en paix avec vos « éconévroses ». En plus, c’est gratuit.

Par Emmanuelle Vibert

Cet article est extrait de NEOPLANETE 5.

Les trucs faciles

Pour commencer, quelques petites idées réalisables par tous les green-névrosés novices…

• En cas d’écolo-blues, pas de panique. Ramenez à votre mémoire un souvenir heureux de balade sur une plage, de cueillette de cerises… et verbalisez-le. Pas besoin pour autant de s’allonger sur un divan.

• Vous n’avez jamais eu la main verte ? Aïe, c’est un signe évident de refoulement. Il va y avoir du boulot. Reste plus qu’à plonger les mains dans la terre et à vous mettre à bichonner fougères et bégonias. Le jardinage est largement reconnu comme étant un antidépresseur très efficace, aussi bien par le bon sens populaire que par les scientifiques, « écolofreudiens » compris.

• Méditez dans la nature. Cela ne signifie pas marcher dans la forêt en ressassant vos angoisses du jour (« Je l’aime, mais quand même, elle/il aurait pu penser à ramener du liquide vaisselle hier soir ! »…). Cela veut dire être attentif à tous les détails qui vous entourent : observer le vent dans les arbres, le son de vos pas sur la mousse, une brindille qui se brise, des feuilles mortes, le chant d’un oiseau, les nuances de couleurs…

• Vous voyez un bon gros tronc d’arbre et ça vous donne immédiatement envie de l’enlacer ? Liez-vous donc d’amitié avec un chêne, un platane ou un cerisier du Japon et considérez-le comme un ami (« Salut vieille branche, comment ça va aujourd’hui ? »).

Les trucs rigolos

Pour passer la vitesse supérieure, voici quelques exercices cocasses, à prendre néanmoins très au sérieux… Ils permettent d’accroître votre sens de l’acuité, d’éveiller vos sens à la nature. Ceci étant dit, aucun ponte de l’écopsy n’a encore interdit de piquer des fous rires, sous prétexte que ça entraverait l’accès à votre inconscient écolo !

• On joue à colin-maillard ? Avec une bande de potes aussi éconévrosés que vous, trouvez une forêt bien dense. Faites deux groupes. Les membres du premier groupe construisent un chemin avec une corde qu’ils enroulent autour des arbres, en variant les hauteurs. Ceux du second groupe, les yeux bandés et les pieds nus, suivent la corde, avancent à tâtons et racontent aux autres ce qu’ils perçoivent, ressentent. Les différences de rugosité des troncs d’arbre, la peur d’avancer ainsi à l’aveuglette, la perception d’un rayon de soleil ou un sentiment profond de désespoir au moment où le pied écrase une limace gluante… Ensuite, on échange les rôles.

• Partie de jeu flashante. Prenez les mêmes joyeux lurons et organisez-vous par couple. L’un va incarner un photographe et l’autre, son appareil photo. « L’appareil photo » ferme les yeux et le photographe le guide pour le placer à l’endroit exact où il a envie de saisir un cliché. Quand le photographe est décidé, il donne une tape sur l’épaule de son « appareil photo », qui doit alors ouvrir les yeux, comme pour ouvrir l’objectif et déclencher la prise de vue, jusqu’à ce que le photographe lui indique de fermer à nouveau ses mirettes. L’appareil doit alors mémoriser le maximum de détails possibles, pendant les quelques secondes durant lesquelles il a les yeux ouverts. Après quatre ou cinq « clichés », il raconte à son photographe tout ce qu’il a perçu. Puis ce dernier le reconduit vers les endroits où les photos ont été prises, pour confronter sa description à ce qu’il contemple maintenant plus longuement.

• Dans toutes les positions. Trouvez un emplacement qui vous plaît dans un joli coin de verdure. En position debout, notez tout ce que vous percevez. Agenouillez-vous, puis recommencez. Enfin, allongez-vous sur le ventre, à hauteur de fourmi, et écrivez à nouveau tous les détails que vous voulez.

Vous trouverez plein d’autres idées pour animer vos week-ends thérapeutiques de survie sur www.teachgreenpsych.com (toujours en anglais).

Le truc radical

L’écololo-cure a échoué ? Alors, pour établir une harmonie définitivement verte entre votre moi, votre surmoi et votre ça, partez vivre dans un écovillage, ces communautés qui, partout dans le monde, mettent en pratique au quotidien tous les principes écolo.

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