Etat de santé de la nature en Île-de-France

Lors des troisièmes rencontres naturalistes d’Île de France en décembre dernier, Natureparif, l’agence régionale pour la nature et la biodiversité en Île-de-France a dressé un nouveau bilan de l’état de santé de la biodiversité dans cette région.

Cette année le diagnostic a porté sur la capacité de la nature à retrouver un fonctionnement et un développement normal après d’importantes perturbations, grâce à l’utilisation d’indicateurs de résilience. Cinq grands groupes d’espèces ont été étudiés : les oiseaux, les papillons, les chauves-souris, les escargots et les végétaux. L’hypothèse de ce travail consiste à poser que lorsque l’un de ces groupes va mal, c’est l’écosystème tout entier qui va mal.

Le déclin des oiseaux

Globalement en Île-de-France, les effectifs des divers groupes d’espèces d’oiseaux baissent de 5% alors qu’au niveau national ils sont en augmentation de 12%. Le tableau ci-dessous compare le taux d’accroissement des différents groupes au niveau national et régional.

Le Bruant jaune (Emberiza citrinella) est l’exemple parfait d’une espèce qui souffre à la fois de facteurs locaux comme les grands changements de pratiques en agriculture et en sylviculture, et de facteur globaux tel que le réchauffement climatique.



Le milieu urbain difficile à reconquérir

L’urbanisation a pour effet de diminuer les interactions entre la diversité des gènes, les espèces et les écosystèmes. Pour le prouver, en 2008 et en 2009, chez quelques volontaires franciliens parmi les participants à l’Observatoire des Papillons de Jardin, il a été disposé des pots dans lesquels se trouvaient un pied de chou et un nombre défini de chenilles de Piérides du chou. Le Piéride du chou est un papillon blanc qui fait partie des espèces les plus abondantes en France. Sa chenille se développe principalement sur les choux et d’autres plantes de sa famille, la moutarde ou le colza. Ces populations de chenilles sont naturellement parasitées par des guêpes parasites, le Microgaster aggloméré.

Les résultats de l’étude ont montré que plus le taux d’urbanisation dans un rayon d’un kilomètre autour des jardins tests est élevé, plus la densité de Piérides du chou et le taux de parasitisme par le Microgaster aggloméré sont faibles.

Des forêts moins riches en biodiversité

Les milieux agricoles et forestiers franciliens sont moins accueillants pour les oiseaux et les végétaux que ces mêmes milieux au niveau national. Quant aux chauves-souris, les pratiques et le paysage ont beaucoup d’influence : elles se développent mieux dans les boisements constitués d’arbres anciens (il y a par exemple quatre fois plus de Noctules de Leisler – Nyctalus leisleri – dans les boisements avec des arbres de plus de 50 cm de diamètre) et sur les parcelles agricoles séparées physiquement par des haies où deux fois plus d’individus ont été comptabilisés.

Pour que la biodiversité reprenne ses droits

Une étude est conduite depuis 2005 en Île-de-France par le Muséum national d’histoire naturelle sur la diversité des plantes sauvages en cœur de tissu urbain. Elle a montré que les espaces délaissés, tels que les friches, laissent le plus la biodiversité reprendre ses droits.

Une autre étude est menée depuis 2006 par le Muséum en collaboration avec Noé Conservation, l’Observatoire de la biodiversité au jardin. Elle montre qu’une une offre nectarifère élevée et pas de pesticides permettent aux jardins d’accueillir plus de papillons et d’escargots, même au cœur des villes.

Plus d’informations sur le site de Natureparif : www.natureparif.fr/


A lire

Entreprises, relevez le défi de la biodiversité

[Un guide collectif à l’usage des acteurs du monde économique]

Natureparif

142 pages – 12 €

Victoires Editions, 2011

Dans la lignée des fondations environnementalistes nord-américaines qui militent pour que les salariés ne laissent pas leurs valeurs écolo à la maison lorsqu’ils vont travailler, Natureparif vient de publier un guide pratique à destination des entreprises. Il s’agit de leur montrer comment intégrer le respect des écosystèmes dans leurs pratiques quotidiennes.

Après avoir exposé les liens existant entre les services rendus par la biodiversité et la production des entreprises, plusieurs défis sont proposés à ces dernières. Un premier défi culturel consiste par exemple en l’utilisation de nouveaux indicateurs pour le reporting. Un deuxième défi technologique consiste à faire appel à l’ingénierie écologique, l’écologie industrielle ou l’éco-conception. Un troisième défi organisationnel vise à améliorer la coopération entre les différents acteurs. Un quatrième défi institutionnel interroge les moyens de pénaliser la destruction des écosystèmes.



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