Et si les plantes amélioraient nos relations sociales ?

Comment l’environnement affecte t-il le fonctionnement psychologique d’une personne ? Dans leur ouvrage « Pourquoi la nature nous fait du bien » (ed. Dunod), Nicolas Guégen et Sébastien Meineri ont tenté de démontrer à travers plusieurs expériences les vertus qu’auraient les plantes sur nos relations sociales.


« Autrefois on ne pensait qu’à se nourrir, et pourtant on cultivait les fleurs sans les manger. On leurs attribuait déjà un pouvoir. » Pendant des mois, Nicolas Guégen,  professeur en Sciences du Comportement, a travaillé avec Sébastien Meineri, maître de conférences en psychologie sociale, pour démontrer les effets bénéfiques de l’environnement naturel sur les individus. Les deux auteurs ont combiné leurs études aux travaux de chercheurs majoritairement américains, afin de prouver que la présence des plantes « stimule nos relations sociales, certaines de nos aptitudes mentales et le bien être que nous ressentons au quotidien » (comme expliqué dans introduction de la première partie). « Il y a un engouement aux Etats-Unis et au Japon pour cette thématique, mais elle est très peu étudiée en France », explique Nicolas Guégen.

Lors d’une expérience, les auteurs se sont par exemple intéressés à des auto-stoppeurs masculins placés sur le bord de la route tout en tenant ou pas un bouquet des fleurs. Les automobilistes, hommes ou femmes, ont été majoritaires à s’arrêter à la vue de ceux qui détenaient le bouquet. « L’expérience de l’auto-stop est intéressante : la voiture roule à 110 km/h, on n’a pas le temps de prendre en compte le bouquet de fleur dans notre décision. C’est inconscient », poursuit-il.

Une seconde étude prouve que les plantes favorisent également le lien social : près d’un parc, un compère fait volontairement tomber un gant de sa poche et fait mine de ne pas s’en apercevoir. 72% des personnes lui ont signalé à l’entrée du parc, contre 91% à la sortie de celui-ci.

« Voir (…) un peu de verdure peut exercer des bienfaits considérables » expliquent les chercheurs au début de l’ouvrage. Et pour cause : une étude américaine menée en 1995 a conduit des étudiants de résidences universitaires à passer plusieurs batteries de tests d’attention dans leur chambre. Résultat : ceux dont la fenêtre donnait sur des espaces naturels étaient bien plus performants que les étudiants qui se trouvaient face à une vue dépourvue de végétation.

Comment expliquer ces constats ? Par la culture ou la science ? « Les deux » selon Nicolas Guégen. Par exemple, dans les hôpitaux où la nature est luxuriante, la morphine est moins utilisée par les patients : « Par eux-mêmes, ils génèrent leur propre endorphine grâce à un sentiment de bien être : les preuves sont là ! » Tout découlerait de cette agréable sensation que nous procure la nature. Dans cet état de bien être, nous serions donc naturellement plus altruistes et plus attentifs aux autres, mais également plus apaisés.

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