Et si les hirondelles ne faisaient plus le printemps ?

Le mois d’avril marque traditionnellement le retour des hirondelles sur notre territoire. Revenus de leur périlleuse migration en Afrique, où les zones désertiques se multiplient, ces oiseaux réapparaissent près de nos maisons, de moins en moins nombreux. La LPO (Ligue de protection des oiseaux) tire la sonnette d’alarme.

Les hirondelles comptent parmi les animaux qui se sont le mieux adaptés à la proximité avec l’homme. La France accueille cinq espèces : l’hirondelle rustique (à la gorge rouge), celle de fenêtre (noire et blanche), celle de rivage, au pelage brun, l’hirondelle des rochers et la rousseline.

D’années en années, ces mangeuses d’insectes qui annoncent le printemps sont moins présentes en Europe, mais aussi sur notre territoire : depuis 1989, le nombre d’hirondelles rustiques a baissé de 12% et celui des hirondelles de fenêtre de 41%. Seules les hirondelles de rivage ont vu leur population augmenter de 28% depuis 2001. Les causes du déclin ? L’utilisation de pesticides ou de débrousailleuses dans les jardins et les cultures, ainsi que la trop grande propreté des fermes qui amenuisent les réserves en insectes, base de leur alimentation. Avec l’apparition de nouveaux bâtiments, peu favorables à leur installation, leur reproduction est également devenue plus difficile.

Que peut-on faire ? Ne pas utiliser abusivement de pesticides et surtout ne pas détruire les sites de nidifications essentiellement d’avril à septembre, par exemple près des fenêtres de maisons ou sous les ponts. « Détruire un nid d’hirondelle, une espèce protégée par l’article L 411-11 du code de l’environnement, peut d’ailleurs vous coûter jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000€ d’amende ! », rappelle Frédéric Malher du Centre Ornithologique Ile-de-France.

Pour protéger les hirondelles, la LPO met en place des nichoirs artificiels dans les gares.  « La Ligue s’investit aussi pour que des périodes de protection des nids soient instaurées, explique Gunter de Smet de la LPO. Cela peut empêcher, par exemple, le démarrage de travaux de construction ou de rénovation ». Enfin elle cherche à rendre les colonies d’hirondelles de rivage pérennes en consolidant les abris construits, sans empêcher la terre de se renouveler et d’éliminer ainsi les parasites présents.

D’autres dangers guettent les hirondelles dans le monde, essentiellement en Afrique, lors de leur migration, où la déforestation s’accélère. Il faut enfin rappeler que 35% des hirondelles rustiques sont tuées par la chasse chaque année et que près de 100 000 hirondelles meurent tous les ans pour la consommation, essentiellement en Afrique.

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