Escalader en toute éco-responsabilité

Cohérent. C’est le mot qui correspond le mieux à Patagonia, marque de vêtements techniques pour les sports de haute montagne. De sa conception à son usage en passant par sa production, l’habit de la marque est pensé pour être responsable et écologique.

Photo Vincent StanleyC’est un baroudeur, un grimpeur, un alpiniste. Yvon Chouinard, le créateur de Patagonia, connait bien les besoins vestimentaires des sportifs de montagne, puisqu’il en est un. Le franco-américain a participé à l’âge d’or de l’escalade dans les années 1960 et 1970. L’homme d’affaire est un des premiers à avoir introduit le concept de clean climbing. Pratiquer l’escalade propre, c’est laisser le rocher intact après l’ascension. L’objectif de cette pratique est d’éviter d’altérer la falaise.

 

Après des années de pratique et avec une conscience écologique grandissante, le passionné d’escalade devient entrepreneur. En 1972, l’entreprise californienne arrive sur le marché. Spécialisée dans l’éco-conception de vêtements techniques pour les sports de montagne et pour le surf, la firme n’utilise aujourd’hui, que du coton biologique, ou des matières recyclées (comme les chlorofibres).

Un mal de tête allume la mèche

En 1988, Patagonia ouvre un magasin à Boston, aux Etats-Unis, peu de temps après, les salariés de la boutique se plaignent de plusieurs maux. Un ingénieur détecte alors une défectuosité du système de ventilation, qui serait dû à la présence, dans les vêtements, de formaldéhyde, connu aussi sous le nom de formol. Forcés d’organiser une étude sur le coton traditionnel, les chercheurs de l’entreprise en découvrent les limites. En 1996, ils l’abandonnent définitivement, au profit du coton biologique. C’est le point de départ d’une prise de conscience. « Une fois que le premier pas est fait, il n’est plus possible d’arrêter« , explique Vincent Stanley, Directeur Marketing Monde de Patagonia.

Depuis, qu’il s’agisse de la matière du vêtement ou des modes d’exportation des produits, tous les choix sont fait, en fonction de l’impact qu’ils auront sur l’environnement. C’est pourquoi, les deux priorités de la marque sont le confort du sportif et le respect de la nature. Preuve de son engagement environnemental, Patagonia reverse 1% de son chiffre d’affaires à des ONG écologiques.

Terrain propice

Special Edition Quilt Again VestL’entreprise lutte aussi contre la mauvaise qualité et la consommation massive, des vêtements. Pour rester cohérente, la marque travaille sur des fibres qui résistent, non seulement, aux conditions extrêmes mais aussi au temps. « Certains clients nous disent avoir gardé la même veste plus de 25 ans !« , se félicite Vincent Stanley.La logique de l’entreprise se traduit par ses produits : responsables, éco-conçus, durables et confortables.

L’éthique n’est pas en reste : « Nos habits sont fabriqués dans le monde entier et surtout en Asie et en Amérique Latine. C’est pourquoi, nous sommes extrêmement vigilants« , explique Directeur Marketing Monde. Surveillance des usines, travail avec des associations, vérification des salaires, des normes de sécurités et des conditions de travail, l’entreprise est sur tous les fronts. « Ce ne sont pas seulement nos produits qui doivent être responsables. Nous nous devons de veiller à l’éthique de notre entreprise« , Vincent Stanley. Il est déjà arrivé que les responsables jugent, après coup, qu’une location est inapte à recevoir la chaîne de production des vêtements. Dans ce cas, l’usine est déplacée. Cohérent décidément !

 

  • Chiffre d’affaires en 2013 : 575 millions de dollars
  • 1% du Chiffre d’affaires est reversé à des associations environnementales
  • Environ 50 millions de dollars ont été reversés depuis 1985
  • Environ 1680 collaborateurs dans le monde
  • 62 magasins en nom propre dont 6 en Europe

Cet article a été diffusé dans Le Parisien Economie du 9 décembre 2013. Retrouvez Néoplanète toutes les semaines dans le supplément économie du journal.

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Barbara Krief

Journaliste pour Le Plus de L'Obs, Barbara Krief continue d'écumer les festivals engagés pour Néoplanète. Retrouvez-la sur Twitter @KriefB.