En France, les morts continuent à banquer !

crédit photo phovoirVous êtes mort et bien mort ? Si avant de partir, vous vous disiez que personne ne penserait à vous, vous aviez bien tort. Celui qui vous aime toujours, c’est votre banquier : au moins 1,3 million de clients défunts ont toujours un compte bancaire, ce qui représente la bagatelle de 1,6 milliard d’euros, selon la Cour des comptes.

En fait, il s’agit de comptes de personnes décédées dont seules les banques connaissent l’existence. On appelle ça des « avoirs non réclamés ». Et comme la loi impose une prescription de 30 ans, les banques gardent ces comptes bien au chaud, placent cet argent et prélèvent tous les ans des « frais de gestion de compte inactif ».

La Cour est partie d’une constatation étonnante (*) : 674.014 centenaires (dont 40% ont dépassé les 110 ans) détiennent un compte en banque en France alors qu’il n’en existe, selon l’INSEE, que 20 106. Les 653.908 manquants sont bien dans l’au-delà. Même constat en ce qui concerne les nonagénaires : l’INSEE en dénombre 610.000 et les banques 1,3 million !

Cette situation s’explique bien sûr par la discrétion intéressée des banques mais aussi parce que les notaires n’ont qu’un accès limité au Fichier des comptes bancaires (Ficoba). La Cour a donc recommandé que cette consultation soit obligatoire lors d’une succession et que les frais de gestion prélevés sur ces comptes soient plafonnés.

(*) Rapport de la Cour des comptes sur « les avoirs bancaires et les contrats d’assurance-vie en déshérence »

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.