Les éleveurs crient au loup !

Entre animal protégé et véritable fléau pour les éleveurs, le loup fait aujourd’hui débat. Le Conseil national de la protection de la nature a annoncé vouloir augmenter de 11 à 24 le nombre de bêtes tuées par an dans l’arc alpin, des Alpes-Maritimes aux Vosges. 

©FotopediaComment le loup est-il revenu en France ? Le loup, contrairement à l’ours, n’a pas eu besoin de l’aide humaine pour retrouver le territoire français. Son retour en France est donc naturel. Les scientifiques pensent que les loups actuellement présents  dans les Alpes viennent d’Italie où ils étaient trop nombreux à la fin des années 80. Les Alpes étaient donc l’endroit idéal pour venir migrer grâce à l’abondance de forêts montagneuses et de nourriture. On remarque la présence de cet animal depuis 1992, mais l’on pense qu’il était déjà là bien avant. Sa discrétion dans la nature pourrait faire remonter son arrivée sur le territoire français à 1990.

A quel point le loup est-il un problème pour les éleveurs ? « J’ai subi trente-cinq attaques de loups l’an dernier, et il y a un mois encore ils m’ont mangé trois brebis », raconte dans Le Parisien l’éleveur Bernard Bruno. Le loup est aujourd’hui un problème à double tranchant. D’une part il tue chaque année de nombreux animaux d’élevage (5848 l’année dernière), d’une autre le loup du Mercantour est désormais protégé par l’Europe grâce notamment à la Convention de Berne ratifiée par la France depuis 1989.

©fotopedia moutonsLes subventions de l’Etat pour les éleveurs ne sont pas suffisantes ? Les éleveurs reçoivent d’importantes aides de l’Etat pour chacune de leur bête tué par un loup. Une chèvre victime d’une attaque rapporte entre 60 et 850 euros d’indemnisation, un cheval entre 460 et 1830 euros et une brebis entre 150 à 525 euros.

La question qui se pose alors est : pourquoi vouloir augmenter les quotas de loup assassiné alors qu’une brebis morte par un loup, par exemple, se révèle souvent plus lucrative qu’une brebis ensuite vendue sur le marché ?  En Italie, où les éleveurs sont confrontés à une plus grande population de loups et d’ours, le problème ne se pose même pas. « Domenico a très peu d’attaques parce qu’il est là de façon permanente et que son troupeau est très bien gardé, analyse le vétérinaire. La présence de l’ours, elle, n’a pas été attestée dans son secteur au cours des dix dernières années. « Domenico (un éleveur Italien) a très peu d’attaques parce qu’il est là de façon permanente et que son troupeau est très bien gardé », explique son vétérinaire. « La présence de l’ours, elle, n’a pas été attestée dans son secteur au cours des dix dernières années ». 

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Après un passage à Paris-Normandie et au service politique de Nord Éclair, Grégoire Gantois, étudiant en journalisme à l'ISCPA, s'intéresse aujourd'hui à l'actualité écologique et environnementale à Néoplanète.