Eléphants : braconnage massif au Tchad

Le braconnage enregistre encore un triste record. Selon IFAW, Fonds international pour la protection des animaux, 22 éléphants ont été abattus pour leur ivoire la semaine dernière par des braconniers tchadiens. Le Fonds en appelle à une réglementation plus stricte du braconnage.

L’action se passe en Afrique Centrale, au Tchad, dans la région Sud-ouest du pays, le long de la frontière camerounaise. Entre le lundi 13 et le vendredi 17 juin, 22 éléphants sont tués par des braconniers de passage. Une tuerie qui chiffre à 170 le nombre d’éléphants massacrés pour leur ivoire dans cette région ces 12 derniers mois. L’armée tchadienne n’a rien pu faire. Résultat : les populations d’éléphants payent le prix fort. Au Tchad, elles ont diminué de 40%, passant de 4 000 individus en 2006 à environ 2 500 en 2010.

Pour IFAW, les retombées de ce trafic sont énormes. « Des bandes armées et organisées de braconniers traversent régulièrement la frontière sud du Tchad (qu’il partage avec le Cameroun, le Soudan et la République d’Afrique Centrale) en quête d’éléphants, explique Céline Sissler-Bienvenu, directrice de la région Afrique francophone IFAW. L’ivoire transite via l’Afrique de l’Ouest et/ou l’Afrique centrale à destination des marchés d’Asie et d’Europe, et la plupart du temps, l’argent issu de ce trafic permet l’achat d’armes pour alimenter les conflits régionaux tels que ceux observés dans la région du Darfour, au Soudan et en République centrafricaine. »

Le problème majeur reste la forte demande chinoise en ivoire. Comment la réduire artificiellement ? Céline Sissler-Bienvenu propose de fournir aux autorités locales les équipements nécessaires pour contrer les braconniers et de les préparer à lutter, via des formations d’appui à la lutte anti-braconnage que propose IFAW.

« Ce dont ces pays ont désormais besoin, c’est de l’engagement de la communauté internationale pour soutenir financièrement des personnels entrainés, hautement qualifiés et motivés pour qu’ils puissent remplir leur mission de protection des éléphants », précise la directrice de la région Afrique francophone.

Dans le même temps, 300 pièces d’ivoire illégal ont été saisies au Portugal et 2 tonnes de défenses d’éléphant d’une valeur estimée à 3,5 millions de dollars ont été interceptées par les douanes thaïlandaises. Ce marché lucratif peine, malheureusement, à être stoppé.

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