Eddynnovations : des vêtements vraiment pas lait

Une startup allemande a découvert une protéine capable de remplacer le coton et les matériaux synthétiques des vêtements, des pneus, ou encore des sacs plastique. Où sont-ils allés chercher une telle idée ? Dans le lait périmé…

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Comment ça marche

Ce n’est pas une blague. La microbiologiste Anke Domaske, de la startup Qmilk (« lait de vache »), cherchait en fait une solution aux allergies provoquées par les matières synthétiques contenues dans les vêtements. Elle a donc décidé de remplacer ces matières par une fibre naturelle à base de protéine de lait, la caséine.

En mélangeant cette protéine à d’autres matières organiques, elle crée une sorte de pâte qu’elle fait ensuite chauffer à 80°C pour obtenir des fibres plus fines qu’un cheveu humain. La recette exacte est évidemment tenue secrète, et a même reçu un GreenTec Award, qui récompense les meilleures initiatives en technologie verte.

Car les vêtements ne contiennent non seulement pas de matières synthétiques et sont biodégradables en six semaines, mais ils sont aussi fabriqués à partir de lait 100% recyclé ! La caséine est en effet extraite du lait périmé des grandes surfaces et de lots échoués de laiteries. Utile dans un pays comme l’Allemagne, qui gaspille chaque année deux millions de litres.

Présentation de Qmilk, ci-dessous (non, les vêtements ne sont malheureusement pas faits comme ça…).

A quoi ça sert ?

La fabrication demande peu d’énergie (une température de 80°C au lieu de 200°C pour des fibres synthétiques) et est très rapide, puisque cinq minutes suffisent pour produire 1kg de fibres. De plus, les vêtements produits possèdent des propriétés antibactériennes, antistatiques, et, comme la créatrice le souhaitait, hypoallergéniques. Les T-shirt de Qmilk sont aussi très résistants, et résistent au lavage en machine. Anke Domaske espère pouvoir bientôt convaincre les grandes marques d’utiliser la caséine pour leurs vêtements.

En attendant, la protéine a déjà trouvé preneur dans la production de cosmétiques, de sacs plastique, et même dans l’industrie automobile, où elle est utilisée dans la fabrication de revêtements intérieurs et de pneus.

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Eddy Delcher

Après un séjour de sept ans en Angleterre et en Afrique du Sud au cours duquel il obtient un diplôme en journalisme, Eddy revient en France afin de poursuivre ses études. En 2014, il rejoint l'équipe de Néoplanète et contribue régulièrement au CNRS International Magazine ainsi qu'au journal du CNRS depuis 2012.