Eau: de nouveaux enjeux pour le 21ème siècle

A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, consacrée cette année à l’eau en ville, 20 Minutes s’est penché sur les problématiques auxquelles il faudra faire face pour mieux gérer cette ressource…


Protéger la ressource, lutter contre le gaspillage… Voici les défis posés aux opérateurs de l’eau, publics et privés, pour les années à venir. «Avant il fallait amener l’eau jusqu’au robinet du consommateur, et la retraiter. Ce petit cycle de l’eau fonctionne. C’est un acquis sur lequel il faut continuer de travailler mais l’enjeu n’est plus là. Le défi du 21ème siècle sera de protéger l’eau» assure Isabelle Kocher, directrice générale de la Lyonnaise des Eaux.

41% des eaux souterraines dans un mauvais état chimique

On distingue les eaux de surface des eaux souterraines. Selon le dernier rapport d’EauFrance, 43% des eaux de surface françaises (cours, plans d’eau, eaux côtières) ont un bon ou un très bon état écologique, ce qui requiert une bonne qualité de l’eau et un bon fonctionnement des milieux aquatiques, 38% ont un état moyen, et 15% ont un état médiocre ou mauvais (restent 2% indéterminées). L’état chimique de ces eaux (évalué en mesurant la concentration d’une quarantaine de substances chimiques, comme les métaux lourds, le cadmium, le mercure…) est bon à 45%, mauvais à 21% (34% sont indéterminées). Concernant les eaux souterraines, 89% sont en bon état quantitatif, c’est-à-dire que leur prélèvement ne dépasse pas la capacité de renouvellement de la ressource, et 9% ne sont pas en bon état. 59% sont en bon état chimique, 41% en mauvais état.

De l’agriculture bio sur les nappes phréatiques

Un des moyens trouvé pour débarrasser l’eau souterraine de ses substances chimiques est de changer le mode d’agriculture des terrains situés au-dessus des nappes phréatiques. Et éviter ainsi la pollution de l’eau par les engrais chimiques employés dans l’agriculture intensive. L’agence des espaces verts a ainsi acquis fin 2010 un terrain de 130 hectares dans les Yvelines, situé au-dessus d’une nappe alimentant 750.000 Franciliens. Elle il y a placé trois agriculteurs qui ont créé deux zones maraîchères bio et vont transformer la culture des céréales en bio.

Rétablir les bons branchements

On peut revenir aux bonnes pratiques. Il faut surtout arrêter les mauvaises. Selon Olivier Thomas, président de l’agence des espaces verts (AEV), il n’y aurait pas loin de 50% de mauvais branchements en sortie d’habitation dans les zones urbaines. «Conséquence les eaux usées de ces logements se déversent directement dans les rivières». Jean-Marc Bouchy, directeur du syndicat de l’Orge, un cours d’eau dans l’Essonne, confirme. «Les eaux usées représentent la pollution numéro un de notre cours d’eau. Et toutes les grosses agglomérations sont confrontées à ce problème.»

Stopper les fuites

Reste l’éternel problème des fuites au sein des canalisations des grands réseaux. En France, le taux de fuite se situerait entre 20 et 25%. Il atteindrait 50% dans certaines villes. «L’âge du réseau en France est de 120 ans en moyenne, on ne peut pas tout remplacer» affirme Isabelle Kocher, qui prône la mise en place de «détecteurs intelligents» de ces fuites. La société Hydrelis développe ce genre de solution depuis 2007. «La ville de Nevers a ainsi économisé 50% de sa consommation d’eau» assure Vincent Rigal directeur stratégies. La société met aussi en place des systèmes de coupures automatiques à certaines heures pour des bâtiments municipaux, ou des sites isolés d’entreprises.

 

Mickaël Bosredon

Toute l’actualité environnementale au quotidien dans la rubrique Planète de 20minutes.fr : www.20minutes.fr/planete

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone