Du plomb dans l’aile de l’aéroport Notre-Dame des Landes ?

Fresque_humaine_contre_l_aeroport_juin-2006 (1)Le coup de grâce au projet controversé d’aéroport de Notre-Dame des Landes, près de Nantes, pourrait bien venir de la Commission européenne et non des écologistes qui protestaient depuis des mois en occupant la zone.

Une mise en demeure vient en effet d’être adressée à la France par la Commission européenne concernant l’absence d’évaluations des impacts environnementaux dans le projet d’aéroport du Grand Ouest, selon le quotidien Presse Océan. La France a deux mois pour répondre à cette mise en demeure, lancée le 17 avril. Mais le délai risque d’être bien court pour remettre une étude d’impact appropriée.

Premier stade de la procédure d’infraction, cette action juridique de Bruxelles pourrait signer l’arrêt de mort de ce projet si controversé d’aéroport situé près de Nantes et qui fait l’objet d’une « éco-guérilla » depuis plus de deux ans comme la France n’en avait connu depuis longtemps.

Sur le plan politique aussi, le projet a du plomb dans l’aile : très soutenu par l’ex-Premier ministre, Jean-Marc Ayraud, il l’est beaucoup moins par la nouvelle ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, favorable à un moratoire. De plus, le PS et EELV ont signé un accord avant les municipales pour que les travaux ne démarrent pas avant l’épuisement des recours en annulation contre les arrêtés déposés devant le tribunal administratif de Nantes

Bruxelles reproche à la France un manquement à la directive sur l’Evaluation des incidences sur l’environnement (EIE). Selon la Commission, « une telle évaluation aurait dû être établie avant la publication des arrêtés de décembre, qui permettent d’initier les travaux ». Cette évaluation doit « faire figurer les effets notables probables sur l’environnement, y compris les effets secondaires et cumulatifs ». Or les arrêtés en question autorisaient les travaux d’aménagement de la plateforme et sa desserte routière, sur la foi de rapports de commissions d’experts mises en place après une tentative d’évacuation de la zone occupée. Une évaluation a bien été menée mais sur le seul cadre de vie et elle est jugée trop fragmentée, ce qui empêche de prendre en compte « les effets croisés sur l’eau, la protection des espèces, l’agriculture et l’économie », avant toute publication des arrêtés.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.