Du juteux Jeu des Mille Bornes

Crédit : PixabayA l’issue de notre plein gré, le législateur et la très généreuse ADEME ont décidé de reponctionner ce qui restait de nos bas de laine déjà bien mités… Tout en expliquant aux quelques grincheux encore vigilants que c’est pour leur bien et pour rendre la Planète plus nette…

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Le Véhicule Electrique va être un magnifique attrape-subventions au Mondial du loto cette année, alors ohmi soit qui mal y pense, je vous mets au jus…

N’oublions pas que lors de la ruée vers l’or, ce sont les fournisseurs de pelles, de pioches et de tamis qui ont fait fortune. Avec le Véhicule Electrique, ce sont les fournisseurs d’infrastructures – dont ces fumeuses Bornes de Recharge « intelligentes » sur lesquelles la marge est très supérieure à celle d’un véhicule, surtout électrique – qui de commissions à commissure des lèvres, en salivent déjà de plaisir ! L’installation puis l’entretien de ces bornes à travers le pays, pas besoin de taper deux fois le silex, suffit d’avoir le contact pour démarrer à tombereaux tout verts…

                    

Comme disent les Chinois, plus il y a de fous, moins on a de riz…

Les gourmands nationaux, qui s’optimisent à Hong-Kong, au luxe-en-bourg ou autres pas radis mais carottes fiscales tout en distribuant nos crédits d’impôts aux retraités américains, sont déjà prêts. Ils ont même réussi à nous refaire le coup du SECAM, Minitel et Radiocom 2000 combinés en imposant un standard bien de chez nous, différent bien sûr du standard européen. Ce Just-for-France normatif a remplacé le Made-in-France d’un passé dépassé et nous empêche certes d’être compétitifs à l’export, mais il permet à nos gentils Zorro-dateurs de protéger leur gâteau crémeux.

C’est surprenant ce désir soudain de s’en mettre partout, des bornes, de la part d’un pays qui – exception culturelle oblige – est l’un des seuls à n’avoir jamais réussi à mailler correctement GPL et GNV, deux gaz à forte densité énergétique beaucoup moins polluants que le diesel, au hasard Balthazar…

Crédit : PixabayAvant que la gabegie habituelle ne recommence, reprenons quelques idées simples mais fortes :

  •  Le Véhicule Electrique ne fait de sens que dans le cadre de la lutte contre la pollution intra-muros, qui selon l’OMS, tue chaque année en France quelque 42,000 citadins. D’où l’intérêt notamment de Bolloré et Paris de déployer des compactes à usage urbain et péri-urbain, de préférence en autopartage (un moteur électrique est increvable et ne demande aucun entretien particulier, ce qui inquiète les constructeurs automobiles et leurs vieux concessionnaires…)
  •  Sur route, et encore plus sur autoroute, l’électrique pose d’autres problèmes. La densité énergétique de l’électrique – qu’il soit d’origine nucléaire, hydraulique, ventouse, photobiomachinchose ou fossile – n’est qu’un cinquième de celle du thermique. En d’autres termes, il vous faut trimballer en permanence 250 kg de batteries – soit le poids de quatre passagers – pour avoir l’équivalent d’un réservoir de 50 litres de carburant, qui lui a la bonne idée de s’alléger progressivement…
  •  En toute intelligence, qui peut vraiment concevoir qu’une personne sensée va trouver sympa le fait de s’arrêter trois fois une demi-heure entre Lyon et Marseille juste pour voir tourner un compteur électrique ? Même pas dans mes rêves partis…

Le Véhicule Electrique idéal est et doit rester compact, à usage urbain et péri-urbain, avec comme seul objectif de fluidifier la circulation en centre-ville grâce à son faible encombrement, sa facilité de parking et son usage collectif puisque « increvable », tout en limitant les particules très fines notamment du diesel, ces redoutables PM2.5 qui envoient nos jeunes sportifs urbains ad patres, bien avant leur date de père option…

Faisons pression positive sur nos élus de grandes villes pour qu’au lieu de finir nos pauvres bas de laines édentellés avec des bornes super intelligentes inutiles, ils implantent en bordure de trottoir de simples petits plots électriques 220V tout bêtes, couplés par exemple à l’éclairage urbain, qui permettent une recharge gratuite, tranquillement, la nuit, en batch.

Nous passerions ainsi du dogme du Pollueur/Payeur à celui tellement plus positif du Non-Polluant/Gagnant…

Tout en évitant l’éternelle pompe de la Collectivité par les Saigneurs du CAC

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