Drew Barrymore, héroïne de « Miracle en Alaska »

La petite boulotte qui cachait E.T. dans sa penderie, au milieu de ses poupées, a bien grandi. Drew Barrymore revient aujourd’hui au cinéma, avec un rôle engagé : celui d’une militante de Greenpeace qui veut sauver des baleines piégées dans les glaces du cercle polaire arctique. Rencontre.

« Miracle en Alaska » * raconte l’histoire vraie d’un journaliste de Barrow (l’une des villes les plus proches du cercle polaire arctique) et d’une militante de Greenpeace qui, en 1988, vont tout mettre en œuvre pour sauver trois baleines (le mâle, la femelle et leur petit) prisonnières de la banquise…

Oui, avec la chute des températures, la glace a commencé à s’épaissir, empêchant ainsi ces animaux de remonter à la surface pour reprendre leur respiration. Bref, ils risquaient de mourir noyés. Au départ, il ne s’agissait que d’une information diffusée dans la presse locale. Et puis, très vite, le dévouement d’une poignée d’hommes sera relayé par les médias américains. Dans les écoles ou les entreprises, partout, tous les regards vont se braquer sur cette petite ville d’Alaska dont personne n’avait entendu parler auparavant.

Au point que les téléspectateurs du monde entier vont suivre cette aventure incroyable !

Oui ! Plus de cent cinquante journalistes de vingt-six nationalités différentes couvriront ce sauvetage qui va devenir un enjeu majeur. Politique déjà, puisque le président Ronald Reagan, qui préparait l’élection de son dauphin, George Bush, autorisera les gardes-côtes à intervenir ! Les Républicains, en pleine campagne, ne voulaient pas passer pour des individus sans cœur. Quant aux Russes, ils ont envoyé un brise-glace pour les aider. Même les lobbies pétroliers s’impliqueront humainement et financièrement pour sauver ces mammifères… Certes, il s’agissait d’une question d’image. Cela dit, la beauté de cette histoire, c’est qu’elle a impliqué des gens que tout opposait : Greenpeace et les pétroliers, les Russes et les Américains… Les Esquimaux, eux, n’avaient pas envie d’être sous les feux des projecteurs, craignant que l’on ne critique le harponnage traditionnel des baleines.

En s’asseyant autour d’une table pour se parler, tous les acteurs concernés en sont sortis gagnants !

Oui ! Les animaux ont été libérés (sauf le bébé qui n’a pas survécu, ndlr). Les Esquimaux ont prouvé qu’ils n’étaient pas que des tueurs de baleines, les pétroliers, qu’ils pouvaient être sensibles à l’écologie, et les journalistes, qu’ils savaient parler de choses positives ! Quant aux politiques américains et russes, ils ont su mettre leurs divergences de côté pour une noble cause.

6 millions de dollars ont été dépensés pour l’envoi des reporters, le kérosène consommé pour la barge, les hélicos… N’est-ce pas trop cher payé ? Sans compter l’empreinte carbone. N’y a-t-il pas un paradoxe ?

Je suis d’accord, mais le message envoyé n’avait pas de prix. Il a démontré que nous étions encore capables d’humanité ! Que nous pouvions penser et agir ensemble dans l’intérêt de la nature ! J’aimerais tellement que ce genre de miracle se reproduise aujourd’hui.

Vous aimez beaucoup les animaux…

Oui. D’ailleurs, j’ai six chiens. Cela fait vingt-cinq ans que je sauve, soigne et dorlote les animaux abandonnés. C’est mon karma. Dès que je vois une bête à poil malheureuse, je pleure. Cela dit, je ne suis pas sûre de pouvoir faire de même avec les baleines. Ma piscine est trop petite !

Et vous êtes devenue végétarienne

J’évite de manger de la viande, de la charcuterie, des œufs, du lait… Trop de toxines. Je suis végétalienne. Et puis, j’aime les bêtes. Et je ne porte plus de cuir ou toute autre matière d’origine animale. Aujourd’hui, on confectionne de superbes imitations très solides et à des prix abordables.

On dit que vous êtes la championne du recyclage de vêtements

Pourquoi se ruiner quand vous avez du vintage à tous les coins de rue ? Vous faites non seulement du bien à la planète en achetant des vêtements qui ont déjà été portés et qui sont en parfait état, mais en plus, vous faites preuve d’originalité. Récemment, j’ai récupéré une vieille combinaison que j’ai customisée avec de la dentelle. Le résultat était top ! Le tout pour un prix défiant toute concurrence. Mon look, je le qualifierais de green bohême-chic !

 

* Sortie en salles le 18 avril.

Cet article est extrait de Néoplanète 28.

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Frank ROUSSEAU, grand reporter et pur produit de la mondialisation ! Elevé en partie en Afrique, au Canada, en Nouvelle Calédonie. Eduqué en France puis dans les Universités américaines, il se passionne ensuite pour l’histoire de l’art et celles de civilisations avant d’intégrer le Figaro Quotidien. Journaliste freelance, il partage désormais son temps entre l’oligopole de Los Angeles et un petit village des Yvelines…