Dossier : Et si on se passait du périph’ à Paris ?

pollution parisCurieux tout de même de fêter un boulevard périphérique, même s’il a 40 ans et qu’il est parisien. Certes, les chiffres sont impressionnants : 1,1 million de véhicules par jour le long de cette boucle de 35,1 km qui est la plus fréquentée d’Europe et a été construite en 15 ans. Que faire, si on voulait s’en passer ? Par Yves Leers.

 

 

périph'Constat. 1,1 million de voitures pour seulement 1,3 million d’usagers : le périph est  donc fréquenté presque toujours par des voitures ayant une seule personne à bord. Le partage reste à encourager.

Dernière enceinte faite de béton, de véhicules, de bruit et de CO2», l’ouvrage est un objet «nuisible et violent» (Etude « non limit » des architectes Pierre Alain Trévelo et Antoine Viger-Kohler). Il y avait les « fortifs » jusqu’en 1019, qui coupaient Paris de la trentaine de villes limitrophes ; puis les boulevards des « Maréchaux », de mieux en équipés en tramways.

 

périph' parisEnfer sonore : pour près de 100.000 riverains, le périph’, c’est un enfer de pollution et de bruit, qui ne s’arrête jamais, même avec des doubles vitrages. La poussière est partout et si on ouvre les fenêtres, c’est pire. Les enfants sont souvent asthmatiques. 40.000 personnes sont en situation de dépassement des limites, selon Bruitparif.  Un revêtement anti-bruit est en test : il fait gagner quelques décibels.

Couvertures. Trois projets de couverture dont deux achevés. La dernière dalle est transformée en jardin qui « recoud le tissu urbain ». Si cette solution semble évidente, elle coûte des dizaines de millions d’euros et elle est dangereuse compte tenu de la fréquentation : c’est la poussière qu’on met sous le tapis. Pourquoi pas de larges passerelles piétonnes et cyclables arborées et rechercher des solutions convenant à chaque secteur ?  Plus d’arbres captant la pollution, là où c’est possible. Il a même été question d’immeubles-ponts comme on le fait sur les voies ferrées recouvertes.

Periph-NantesRéduire la vitesse à 70 km/h, contre 80 actuellement, comme le souhaite le maire de Paris ? Cela ne changera pas grand-chose à la pollution y compris sonore, dès lors que la moyenne de vitesse observée est de 40 km/h. C’est en roulant au ralenti qu’on pollue le plus.

Remplacer le périphérique par un boulevard classique à feux rouges pour décourager les automobilistes ? Impossible aujourd’hui : les transports concentriques « rapides » restent indispensables en l’absence d’alternatives notamment en transports en commun. Et les mentalités n’ont pas encore assez évolué. « Dans 20 ou 30 ans, estime la mairie de Paris, « les mobilités auront changé: les véhicules seront moins polluants, il y aura encore plus de transports en commun et de vélos. Alors, il sera nécessaire que le périphérique soit une voie de circulation ouverte».

Pas très encourageant, tout ça. D’ailleurs, la situation est telle que la France est poursuivie par la Cour de justice de l’Union européenne pour ses mauvais résultats en termes de pollution aux particules fines.

 Pour découvrir les impacts de la pollution du périph’, cliquez vite page 2 !

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Etudiante en dernière année à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Paris (ESJ), Marion est une grande passionnée de sport, voyages et découvertes. Après avoir travaillé en tant que reporter pour radio Africa n°1, Chérie Fm et France Bleu 107.1, elle rejoint Néoplanète. Jeune journaliste, Marion pige également pour Les Nouvelles de Versailles.