Dico Ecolo : le Commerce Equitable

Parce que l’environnement est un sujet d’actualité brûlant et que les mots écolo fleurissent sans être compris par tous, ce petit dictionnaire explique simplement ces termes que l’on entend régulièrement. Il sera étoffé au gré de l’actualité écolo, de nos idées, mais aussi de vos suggestions et envies : ajoutez des précisions, donnez votre opinion, demandez de nouvelles définitions via l’espace des commentaires… Un dico écolo sur mesure ! Qui va être incollable sur l’environnement ?

Aujourd’hui : le commerce équitable

Cooperative Kuapa Kokoo, au Ghana. Ecabossage du cacao pour récupérer les fèves

 

Kesako ? Le commerce équitable est bien du commerce : ce n’est pas une action humanitaire. Des petits producteurs se regroupent en coopérative pour vendre leurs produits. Ils vivent donc de leur travail, et non d’une aide extérieure.

Comment ça marche? Garantir aux petits producteurs un prix d’achat juste et stable de leurs denrées, à l’abri des fluctuations du marché. Ce prix doit couvrir les frais de production et les besoins élémentaires de la famille. Le commerce équitable assure aussi le préfinancement des récoltes, pour éviter l’endettement. Une prime de développement est aussi versée aux coopératives par les acheteurs pour financer des projets pour la communauté locale, comme par exemple la construction d’une école.

Quels produits ? Le plus souvent, du café, du chocolat, des bananes, des aromates, des vêtements, de la vodka, des fleurs factices, etc. Les produits issus du commerce équitable sont très variés, ils peuvent bruts (fruit) ou transformés (jus de fruit). Le produit en tête de liste ? Le café.

Le commerce équitable, c’est bio ? Pas forcément, même si le cahier des charges du commerce équitable comporte les volets qualité et respect de l’environnement. Certaines coopératives  font cependant le choix du biologique, pour une partie ou la totalité de leur production.

Cooperative Banelino, Republique Dominicaine. Etiquetage des banan

 

Le commerce équitable en chiffres. 1,5 millions de producteurs et de travailleurs en bénéficient directement, dans 59 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique. Indirectement, 7 millions de personnes sont concernées. A l’autre bout de la chaîne, 80 millions de familles consomment des produits issus du fair trade dans une soixantaine de pays : Etats-Unis, Japon, Australie, pays européens… 1/3 des Français ont ainsi acheté des produits équitables en 2008. En France, 1 foyer sur 3 achète, en moyenne et sur un an, pour 15,90€ de produits issus du commerce équitable.

L’avenir ? « Mettre le commerce équitable dans le quotidien des consommateurs » selon le président de Max Havelaar France.

L’association FLO

Kesako? Fair trade Labelling Organizations est une association chapeautant 20 membres dans le monde. Elle regroupe des initiatives de labellisation du commerce équitable et des réseaux de producteurs.

Son rôle ? Définir les standards de labellisation, développer des nouvelles filières, trouver des petits producteurs et les aider dans leur organisation. Une autre entité existe pour vérifier la conformité du label avec les règles internationales de la certification : FLO-Cert. Cette entreprise envoie des inspecteurs tous les ans dans les organisations de producteurs afin de vérifier l’application des standards et la traçabilité des matières premières. Max Havelaar est un des membres de FLO.

Max Havelaar

Kesako ? C’est un label privé créé par l’association Max Havelaar, qui certifie que tel ou tel produit est issu du commerce équitable au moyen d’un logo apposé directement sur ce produit. Une fois que l’organisme FLO-Cert a contrôlé le produit, il donne le feu vert à Max Havelaar pour le labelliser. Plus de 3 000 produits pour 205 marques sont labellisés Max Havelaar.

Quelles garanties? Respect des normes de l’Organisation internationale du travail et de la législation nationale ; prix minimum d’achat ; préfinancement possible des ventes ; normes internationales sur produits phytosanitaires ; protection des écosystèmes ; gestion des déchets ; OGM interdits.

D’où vient ce mot ? C’est le titre d’un roman néerlandais écrit au XIXe siècle par Eduard Douwes Dekker (Actes Sud-Babel). Son héros, l’humaniste Max Havelaar, dénonce l’oppression des paysans d’Indonésie par un système commercial injuste fondé sur l’exploitation des plus pauvres. En 1988, en hommage au personnage, des Néerlandais fondent l’association Max Havelaar et le label de commerce équitable du même nom. En 1996 naît Max Havelaar France, qui labélise riz, café, thé, épices, chocolat, bananes, ananas ou encore coton.

Plus d’infos sur www.maxhavelaarfrance.org.

A lire : « Commerce équitable », Joaquin Muñoz, Editions Michalon, 16 €.

Ecoutez sur Néoplanète l’interview de Joaquin Muñoz, directeur de Max Havelaar.

 

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