Dico Ecolo : le chanvre

How High Parmi les nombreuses cultures alternatives étudiées ces dernières années, on constate un intérêt croissant pour le chanvre. Certains pays européens ont commencé à re-cultiver le chanvre, d’autres ont augmenté leurs surfaces de culture. Pourquoi un tel engouement pour le chanvre ?

Petit rappel historique

Le chanvre était probablement cultivé en Extrême-Orient dès le 8ème millénaire avant JC. Il servait essentiellement à se vêtir, se nourrir et se soigner. Il a également servi à la fabrication du papier : le plus vieux morceau est daté d’entre 140 et 87 avant JC.

Mais ce n’est qu’au XVIe siècle que l’on parvient à tisser les fils de chanvre pour produire une toile assez fine pour faire des chemises ainsi que du linge de maison. L’apogée de cette culture ? Le XVIIIème siècle, quand nos régions cultivaient 176 000 hectares de chanvre. La marine constituait alors un débouché primordial : un navire à voiles portait en effet plusieurs tonnes de cordages de chanvre.

La fabrication pour la marine a entraîné la culture de variétés grossières et robustes. En conséquence, le chanvre français a été détrôné par des chanvres importés. Les surfaces en chanvre ont peu à peu été réduites à quelques centaines d’hectares du fait également de l’émergence du coton, des fibres synthétiques et de l’arrivée de la marine à moteur.

La culture du chanvre connaît un regain d’intérêt depuis les années 1970 pour les marchés papetiers. Depuis les années 2000, les surfaces en chanvre se sont stabilisées grâce à l’émergence de nouveaux débouchés : http://www.neo-planete.com/2010/11/01/les-multiples-…ons-du-chanvre/

Une plante qui vous veut du bien

Le Chanvre est une espèce de plante annuelle de la famille des Cannabaceae qui est divisée en quatre sous-espèces : Sativa, Indica, Afghanica et Ruderalis. Cette plante  pousse partout dans le monde entre 0 et 6 000 mètres d’altitude. Championne du captage de CO2 et véritable aspirateur à nitrates, elle est aussi n°1 en production de biomasse (elle est la plus rapide pour stocker et utiliser l’énergie solaire qu’elle transforme ensuite, grâce à la chlorophylle, en matière organique, source d’énergie utilisable par l’homme) et cela, sans pesticides, insecticides, fongicides. Le plus ? Sa culture exige peu d’eau.

De cette plante, qui peut atteindre jusqu’à 6 mètres de haut, on utilise:

› LA TIGE (donnant chènevotte et filasse)
› LES GRAINES (ou chènevis)
› LES FLEURS ET FEUILLES

Elle constitue :

– un très bon aliment nutritionnel, la graine de chanvre étant plus équilibrée que le soja et possédant 37% d’huiles essentielles (un record !), riches en Omega 3 et 6…

– du papier d’excellente qualité, naturellement blanc et qui résiste aux siècles. Il éviterait ainsi la déforestation puisqu’il a un rendement nettement supérieur à celui du bois, il produit en effet, quatre fois plus de papier que le bois à surface égale. Par ailleurs, son cycle de croissance est plus rapide puisqu’il est de 100 jours pour le chanvre contre 50 à 500 ans pour le bois !

– un textile doux et solide, moins onéreux que le coton. Il capte 95% des U.V. et est le mieux adapté à la peau humaine, avec le lin

– la meilleure plante phytoremédiation, pour les sols irradiés ou pollués. En effet, elle joue le rôle d’une pompe et permet ainsi de retirer des contaminants métaux et radioactifs du sol. Des champs de chanvre ont d’ailleurs été plantés à Tchernobyl par l’Académie Ukrainienne des Sciences et Agriculture, en partenariat avec la compagnie américaine Phytotech.
Cette dernière, se spécialise dans l’utilisation de plantes pour nettoyer les sites pollués.

– une panacée de la médecine naturelle. Le chanvre remplaçait il y a 100 ans 70% de nos produits de synthèse pharmaceutiques et des études scientifiques ont prouvé son utilisation efficace pour la régénération des circuits synaptiques centraux (du système nerveux), suite à des pathologies traumatiques ou neurodégénératives.

Précisons que le chanvre est composé de plus de 75% de cellulose (60% pour le bois) et 10 à 12% de lignine (30% pour le bois), il est naturellement totalement biodégradable et pourrait ainsi éviter les 400 ans de durée de vie des plastiques actuels.




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